Les aides auditives freinent le déclin cognitif dû à la presbyacousie

unsaf 2015

Hélène Amieva - BS

Le monde de l'audition et plus particulièrement de l'audioprothèse peut se réjouir. Car les résultats d'une étude de l'Inserm de Bordeaux présentés lors de la journée scientifique du congrès de l'Unsaf vont faire grand bruit et plaident pour leur cause. En effet, ces travaux montrent que l'appareillage permet de freiner le déclin cognitif dû à la perte d'audition.

 
Les audioprothésistes « boivent du petit lait ! », commentait Lionel Collet à l'issue de la présentation d'une étude de l'Inserm de Bordeaux, réalisée par le docteur Hélène Amieva, lors de la journée scientifique du congrès de l'Unsaf (samedi 11 avril 2015). L'étude montre en effet que l'appareillage permet d'éviter le déclin cognitif dû à la perte d'audition.

Cette équipe de l'Inserm avait déjà montré il y a quelques mois le lien entre la perte d'audition et le déclin cognitif, confirmant ainsi les résultats des recherches du professeur Frank Lin, en les solidifiant puisque l'étude longitudinale française s'étend sur 25 ans (contre 6 ans pour l'équipe américaine).

Mais cette fois-ci, ils ont découvert que si le déclin cognitif est bien accéléré chez les malentendants non appareillés (par rapport au groupe contrôle), le déclin cognitif des personnes appareillées est en revanche freiné, et similaire à celui des personnes normo-entendantes. « Ces résultats sont en faveur de la prise en charge et du dépistage de l'audition », a déclaré Hélène Amieva lors de sa présentation, devant un parterre de personnalités du monde de l'audition qui compte bien utiliser ces résultats lors de futures discussions avec les décideurs politiques.

La cohorte PAQUID

La cohorte suivie par l'équipe bordelaise dirigée par Jean-François Dartigues - INSERM U 897, Épidémiologie et bio-statistiques, Bordeaux -, est nommée PAQUID (pour « personne âgée quid »). Elle a été constituée en 1988 pour suivre à très long terme 3 777 sujets âgés de 65 ans et plus dans 75 villes et villages de Gironde et de Dordogne. Chacun d'entre eux répond régulièrement (tous les deux ans) à des questionnaires et réalise des tests cognitifs, afin d'évaluer un éventuel déclin. Parmi les questions posées, quelques-unes concernent l'audition (est-ce que les personnes souffrent de problèmes auditifs et si oui, sont-elles appareillées ?). Ces questionnaires ont donc permis de chercher un lien entre, dans un premier temps, déclin cognitif et perte d'audition, puis, dans un deuxième temps, entre cognition et appareillage.

L’objectif principal de PAQUID est l’étude épidémiologique du vieillissement cognitif et fonctionnel en population générale, notamment l’épidémiologie de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées (Mama), mais aussi l’épidémiologie de la dépendance du sujet âgé.

BS