Vers un traitement pour le syndrome d’Usher de type 1

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Une équipe de chercheurs américains, dirigée par Michelle Hastings (Université Rosalind Franklin), vient de mettre au point une technique permettant de rétablir l’audition chez des souris atteintes du syndrome d’Usher de type 1. Dans 6 à 8% des cas, le type 1 est dû à une mutation du gène Ush1c.

Ils sont parvenus à cette avancée grâce à une technique de thérapie anti-sens. En injectant aux souris des brins d’oligonucléotide spécifiques, ciblant l’ARN messager voulu, les scientifiques ont permis de réactiver la chaîne qui mène à la synthèse d’harmonine, protéine architecturale fortement impliquée dans la morphogénèse des cellules ciliées.

Les souris ainsi traitées ont non seulement retrouvé leur audition, mais également un système vestibulaire performant, ainsi que le montrent les tests de potentiel évoqué réalisés sur des souris traitées, en comparaison de souris normales. Ces observations sont en outre confirmées par la présence d’harmonine en quantité normale et de cellules ciliées fonctionnelles dans la cochlée des souris traitées.

Les scientifiques ont toutefois remarqué que pour que le traitement soit efficace, il doit être appliqué pendant le développement des cellules ciliées : si le traitement a lieu au 10e jour de vie, seul le système vestibulaire sera rétabli. Alors qu’en traitant 5 à 7 jours plus tôt, il est possible de retrouver une audition normale, avec notamment des réponses auditives évoquées du tronc cérébral équivalentes à celles de souris saines. Ceci concorde avec le fait que, bien que le gène Ush1c s’exprime dès le 15e jour du stade embryonnaire, l’expression la plus forte a lieu entre les 4e et 15e jours de vie.

Toutefois, l’efficacité du traitement ne dure pas. Ainsi, 6 mois plus tard, l’audition des souris commence à se détériorer. Les chercheurs ont en outre remarqué que cette technique ne permet pas de réhabiliter aussi bien l’audition des hautes fréquences (32 kHz) que celle des fréquences inférieures. Il est possible que cela soit dû à une expression tonotopique du gène. Ainsi, les scientifiques suggèrent que le gène n’est pas encore, au 5e jour de vie, exprimé au niveau de la base de la cochlée, où sont analysées les hautes fréquences.

Mais le syndrome d’Usher n’atteint pas uniquement les fonctions auditives. Il endommage également la vue. Or aucune amélioration n’est notée pour ce sens et les cellules rétiniennes des souris malades finissent par se détériorer à l’âge d’un an.

Source : Lentz J.J. et al. Rescue of hearing and vestibular function by antisense oligonucleotides in a mouse model of human deafness. Nature Medicine 2013 doi:10.1038/nm.3106

Crédit photo : Dr Michel Leibovici/Pasteur

B.S.