La surdité engendre des coûts sanitaires importants

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Décidément, mal entendre a des conséquences non seulement sanitaires, mais également économiques. Deux études, publiées dans la revue JAMA Otolaryngology viennent confirmer ce que d’autres études, médico-économiques ou scientifiques, avaient déjà pointé du doigt.

La surdité engendre des coûts sanitaires importants

La première indique qu’une personne malentendante âgée et non appareillée dépense environ 20 000 euros de plus en frais de santé qu’une personne normo-entendante, en l’espace de 10 ans. Cette étude a été menée par Nicholas Reed, dans l’équipe de Frank Lin, à la Johns Hopkins School of medicine. Ces résultats sont concordants avec l’étude médico-économique qu’avaient réalisée les économistes Jean de Kervasdoué et Laurence Hartmann en 2016, qui indiquait que « sans appareillage, le coût du fardeau du déficit auditif s’élèverait à 23,4 milliards d’euros. Le taux réel d’appareillage (recours effectif et utilisation effective des aides) réduit ce fardeau de 30 % et l’appareillage cible (50 % de la population malentendante associée à une observance parfaite) le réduirait de 40 % ». L’étude pointe deux autres résultats intéressants : tout d’abord, le risque d’hospitalisation est plus fort chez les malentendants et à plus forte raison le risque de long séjour en hôpital. Des résultats qui, eux aussi, rejoignent les conclusions de travaux antérieurs : une étude américaine de 2017 indiquait même que le port d’aides auditives est associé à un plus faible recours aux urgences.

La deuxième étude s’est intéressée aux comorbidités de la malaudition. Les chercheurs de Baltimore (encore) ont montré que les malentendants avaient plus de chance de souffrir de comorbidités telles que la dépression, la démence et les chutes. Là encore, ces résultats viennent confirmer les travaux d’équipes françaises, et notamment celle du Pr Hélène Amieva (Inserm Bordeaux), qui avait révélé une telle association dès 2016.

Que ce soit pour cette étude ou pour la première, les chercheurs doivent néanmoins découvrir les détails de ces associations et, le cas échéant, les mécanismes de causalité sous-jacents.

BS