France 5 passe au crible l'évolution de l'appareillage auditif en France

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France 5 diffusait mercredi 18 janvier dans l'émission "C'est notre affaire", un mini-reportage qui présentait les nouveautés en matière d'appareils auditifs. Si le parallèle peut être fait avec le marché des lunettes, la prise en charge des troubles de l'audition est complètement différente.

Sur le banc d'essai, un assistant d'écoute disponible en pharmacie et sans ordonnance, surfant sur la vague du concept des lunettes-loupes. Cet amplificateur de volume était présenté par Louis Blohorn, co-fondateur de la marque Sonalto, comme "un assistant d'écoute préréglé pour répondre spécifiquement aux gênes auditives légères." Loin du sur-mesure donc.

Un produit qui est loin de faire l'unanimité pour les professionnels de l'audition… Le port de cet appareil n'est soumis à un aucun type de suivi par un médecin. Le professeur Patrice Tran Ban Huy, chef de service ORL à l'hôpital Lariboisière à Paris, a mis en garde les patients au cours de l'émission des "risques de méconnaître l'existence d'une pathologie grave sous-jacente, même en cas de surdité légère." Selon le spécialiste, "des patients ignorent qu'ils sont porteurs de tumeurs du nerf auditif, mais sont appareillés pour une banale surdité. Ce n'est que des années plus tard que le diagnostic sera établi et corrigé, lorsque des signes beaucoup plus graves apparaîtront."

Autre nouveauté sur le marché relayée par l'émission : les centres Alain Afflelou Acousticien. Le géant de l'optique a investi en effet le secteur de l'audition avec des centres commercialisant des contours d'oreilles et autres aides auditives. "Nous disposons d'un audioprothésiste pour trois centres, ce qui nous permet de réduire les coûts pour la clientèle", explique Alain Afflelou. Néanmoins, les réalisateurs de l'enquête n'ont constaté aucune différence de tarif par rapport aux audioprothésistes déjà en place. Luis Godinho, vice-président du Syndicat national des audioprothésistes (Unsaf) pointe le manque de suivi engendré par ces économies : "Quand vous achetez des lunettes, dès que vous êtes sorti, c'est quasiment fini. C'est complètement différent pour les appareils auditifs." En effet, pour un bon fonctionnement de l'appareil, une visite chez un audioprothésiste s'impose en moyenne deux fois par an. "Il y a un réglage initial de l'aide auditive mais 50 % du prix de l'appareillage va servir au suivi, précise Luis Godinho. Un seul audioprothésiste pour plusieurs centres ne m'apparaît pas constituer un gage de qualité."

Le reportage rendait également compte des pratiques audioprothétiques sur l'Internet, les chaînes discount sur le web proposant des tarifs avantageux en matière d'aide auditive...  "Des offres parfois très alléchantes dont il faut savoir se méfier", précisait Luis Godinho.

Derniers conseils prodigués par le journaliste de France 5 pour clôturer le reportage : chaque patient a le droit à une période d'essai gratuite des aides auditives auprès de son audioprothésiste, afin d'être certain que le matériel convient bel et bien. Un point important à vérifier également : la réputation de l'audioprothésiste auprès du médecin ORL, qui est, rappelons-le, une étape incontournable avant de pouvoir s'équiper d'un appareil auditif.

F.B.