Chronique du service minimum : à Paris, Anthony Athuil reçoit sur rendez-vous

CONFINEMENT


Anthony Athuil

Les enseignes comme les indépendants s’organisent pour parer aux urgences. A Paris, Anthony Athuil, audioprothésiste indépendant, a fermé ses trois centres, mais il se déplace sur rendez-vous pour les cas nécessitant une intervention rapide. Il reçoit un grand nombre d’appels de patients...

Sur la vitrine de ses trois centres parisiens, Anthony Athuil a posé un écriteau indiquant qu’il reste joignable en cas de panne ou d’urgence. Les lignes fixes sont dérivées vers son mobile… lequel sonne très souvent : « Évidemment, je trie. Pas d’appareillages ; mais pour des réparations pour des surdités sévères et pour la fourniture de piles, je me déplace dans deux de mes centres. J’utilise ma moto pour ne pas avoir de problème de parking, avec ma carte de professionnel de santé et l’attestation officielle où j’ai coché la case « télétravail impossible » ».
Anthony Athuil a pu se procurer des masques en pharmacie grâce à sa carte de professionnel de santé. Il reçoit donc les patients avec un masque, des gants, et aussi une blouse. Il a du gel hydroalcoolique : « Ainsi, je me sens protégé ». Il se déplace plusieurs fois par jour pour des rendez-vous : « Et en ces temps de confinement, ça ne me déplaît pas. C’est un privilège de pouvoir sortir en ce moment… » commente l’indépendant.
« J’ai même dépanné quelqu’un qui n’a pas acheté ses appareils chez moi… Il faut pouvoir aider ceux qui en ont besoin ».

Un rôle paramédical important
Et aussi poursuivre sa mission paramédicale : « Je réalise que nous jouons un rôle important dans la société ; nous ne sommes pas que des commerciaux, nous avons une vraie fonction paramédicale. Hier j’ai accueilli un monsieur très âgé et affaibli, avec des problèmes respiratoires. Il était soutenu par ses enfants qui ont demandé un rendez-vous. Je n’ai pas osé dire non ».

Se rend-il au domicile des patients ? « Pour l’instant, je n’ai pas demande, et je préfère éviter autant que possible. J’ai trois enfants dont une fille qui a de la fièvre… Certes, la loi ne permet pas vraiment de se rendre au domicile, mais en ces temps exceptionnels, si c’est nécessaire, on devrait pourvoir contourner la loi… »

Ses quatre collaborateurs sont au chômage technique. « J’ai promis de maintenir leur salaire intégral et de verser mars et avril. De toute façon, l’État va prendre en charge les salaires, heureusement ».

Nathalie Da Cruz