Luis Godinho dévoile une analyse sectorielle de l’audioprothèse en France

Analyse

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Après s'être intéressé au modèle le plus efficient pour la prise en charge des malentendants en Europe (publication de l’étude dans Audio infos n°204) Luis Godinho, président du Syndicat national des audioprothésistes-Unsaf, a présenté une « analyse sectorielle de l’audioprothèse en France » qu’il a réalisée ; un document de 52 pages, présenté lors d’une conférence de presse tenue le 11 décembre 2015, visant à faire le point sur le coût des audioprothèses, en se fondant sur des données fiables, dans le but « d’apaiser médiatiquement le secteur ».

« Ce n’est pas tabou de parler du coût des audioprothèses, a assuré Luis Godinho au début de sa conférence. C’est quelque chose d’important, pour tous les malentendants, notamment en raison du reste à charge. Mais nous avons voulu apporter quelque chose de nouveau : des données fiables. Donc nous présentons une analyse sectorielle qui est inédite sous cette forme, qui revient notamment sur les points les plus polémiques de ces dernières années. »

« Le but est d’élargir l’accès aux appareils auditifs et ce document croise pour la première fois des données détaillées et sourcées, nationales et internationales, et qui accréditent l’apport médico-économique de l’audioprothèse », a ainsi rappelé le président de l’Unsaf, chiffres à l’appui. En 2015, le secteur de l’audioprothèse emploie 10 000 personnes, qui ont équipé environ 400 000 malentendants. Ainsi en France, 2 millions de personnes possèdent des aides auditives, tandis que 3 millions maximum sont appareillables.

Par ailleurs, l’analyse présentée rappelle également le rôle de l’audioprothésiste, qui ne consiste pas uniquement en une relation marchande : « Le temps estimé que passe un audioprothésiste pour le suivi d’un patient est de 11 à 20 heures sur une période de 5 ans. Donc il ne s’agit pas simplement d’achat-vente ». Par ailleurs, Luis Godinho a rappelé l’importance du temps passé avec le patient. « Plus on passe de temps avec lui, plus le taux de satisfaction est important, et plus l’observance est bonne ». Et de rappeler l’exemple du Royaume-Uni où 2,5 fois plus d’appareils sont vendus, mais seulement la moitié des patients portent vraiment leurs appareils.

Bien entendu, Luis Godinho est revenu sur le reste à charge des patients qui s’appareillent, jugé trop faible : « il y a un désengagement de l’Assurance maladie obligatoire », constate Luis Godinho. La comparaison avec l’Allemagne, où le remboursement obligatoire est de 840 euros par oreille contre 120 euros en France, est particulièrement parlante.

Cette analyse sectorielle est aussi une réponse aux dernières attaques médiatiques que la profession a subies. « Il faut souligner les risques de ces campagnes de dénigrements. Bien sûr, cela touche les professionnels, mais surtout, cela instaure une défiance de la population envers les audioprothésistes, ce qui entraîne chez certains un report de l’appareillage. Donc, au même titre que le reste à charge, c’est un obstacle qui entraîne des conséquences potentiellement délétères pour la santé des patients. »

Grâce à cette analyse sectorielle, Luis Godinho espère finalement « un débat plus serein ».

L’analyse sectorielle est disponible ici.

BS