Dans les allées de la SFORL, comme si vous y étiez

Congrès


Le congrès de la SFORL s'est tenu cette année pour la première fois de son existence, en dehos de Paris, cette fois-ci à Marseille

Cette année, le congrès de la SFORL qui a eu lieu du 14 au 17 octobre 2022 à Marseille, a beaucoup changé, en particulier grâce au changement de lieu. Les visiteurs, au lieu d’arriver au Palais des Congrès de la Porte Maillot à Paris, dans une atmosphère bruyante et encombrée par des travaux interminables, débarquaient au Palais du Pharo, un monument historique, avec vue sur le vieux port et la mer, sous un soleil radieux.

La première journée, le 14 octobre 2022, était consacrée à la journée de l’audition. Seuls deux étages du bâtiment étaient utilisés, avec des visiteurs qui se pressaient de toutes parts dans des couloirs un peu trop étroits pour tout ce monde, avec quelques exposants spécialisés dans l’audition installés dans les étages, pendant que les grands stands se montaient pour une ouverture le lendemain au rez-de-chaussée d’un vaste espace d’exposition.

Pourquoi peu de marques d’aides auditives exposent à la SFORL ?
Si toutes les marques d’implants, Cochlear, Med-El, Oticon Medical et Advanced Bionics sont bien présentes sur le congrès de la SFORL, peu de marques d’aides auditives font le déplacement. Signia et Oticon étaient les deux seuls sur cette édition 2022.
Dans un souci d’économie, Signia avait d’ailleurs trouvé accueil sur le stand de Med-El, auquel il fournit une puce pour ses implants d’oreille moyenne.
« Les ORL ne sont pas vraiment notre cible » explique Mikaël Menard, responsable de la formation chez Signia et docteur en acoustique. « Nous leur donnons des aides auditives factices pour mettre dans leur cabinet ».

Oticon présente sa nouvelle gamme Own à la SFORL
Le stand Oticon, l’une des deux seules marques présentes avec Signia, était le seul véritable évènement en matière d’aides auditives. On pouvait voir sa toute nouvelle gamme d’intras, les Oticon Own, sorti moins d’un mois plus tôt. « Ce n’est pas un gros segment, ces intras concernent les primo appareillés » explique Géraldine Dufour, la responsable marketing et communication d’Oticon. Toujours dans la même idée de la marque de se rapprocher du fonctionnement naturel du cerveau, cette gamme d’intras intègre pour la première fois le système de réseau neuronal profond, qui a été entraîné au préalable avec 12 millions de situation. Parmi cette gamme Own se trouve des intras miniaturisé comme jamais.



Des intras chez Signia, pour évoluer vers du micro-contour
Sur le stand de Signia, l'autre marque d’aides auditives présente à la SFORL (avec Oticon), de nombreux intras étaient également exposés. « Les intras représentent à peine seulement 7% du marché » explique Mikaël Ménard, docteur en acoustique et responsable de la formation de Signia. « Mais c’est l’image que le patient se fait d’une première aide auditive. Alors nous sommes tenus d’en faire. Chez nous, le modèle Silk fonctionne très bien. Mais après, il nous est remonté qu’on reproche au Silk de ne pas avoir de Bluetooth, pas de technologies avancées … car ils sont trop petits pour embarquer tout ça » poursuit-il. « Alors nous avons sorti un produit intra qui a tout ça, mais qui est beaucoup moins discret, l’Insio Charge&go AX, qui est sur mesure, contrairement au Silk. Et finalement, les patients finissent par prendre un Pure Charge&Go AX, qui est celui qui correspond au plus grand nombre de personnes ».

Signia passe de X à AX
Sortie l’an passé, la puce AX a remplacé la précédente, appelée X. La SFORL a été l’occasion de rappeler la différence : la nouveauté par rapport à la puce X est que la puce AX traite la parole et le bruit de manière différente. « En réalité, il y a deux puces dans les aides auditives AX, une pour le bruit et une pour la parole, ainsi que deux amplificateurs différents » explique Mikaël Ménard, chez Signia. Pour pouvoir différencier le bruit et la parole, les aides auditives possèdent deux micros par appareil, ce qui revient à capter le son par quatre micros. « Avec un micro, il est possible de capter le son, avec deux, cela permet de localiser sa provenance entre l’avant et l’arrière en analysant le retard du son de l’un par rapport à l’autre, et avec quatre micros qui communiquent entre eux, cela permet de déterminer d’où vient le son dans toutes les directions, et d’isoler la parole pour la restituer » poursuit explique Mikaël Ménard. « L’idée n’est pas d’annuler le bruit, sinon cela donnerait un effet d’isolement à la personne. Mais de le rendre moins présent » précise-t-il.

Krys Audition continue son développement
Krys Audition affichait de l’optimise. En effet, l’enseigne d’optique et d’audition venait de passer les 200 centres auditifs à son nom au cours de l’été 2022, grâce à la signature de 64 nouveaux centres depuis janvier 2022.

Audika s’intéresse aux thèses d’ORL
De son côté, Audika présentait un recueil de thèses ORL que l’enseigne distribuait sur la SFORL. Cet ouvrage, la première édition de ce qui devrait être une série, sera à l’avenir donné dans tous les congrès et évènements destinés aux médecins ORL. « Ce recueil a été conçu pour que les étudiants en ORL, les responsables de thésards et les médecins ORL puissent se tenir au courant » explique Thomas Lasserre, directeur santé d’Audika. Une bonne façon pour Audika de travailler sa relation avec les ORL, ainsi que les étudiants qui sont de futurs ORL.

Amplifon, la greffe du tympan en pratique
Amplifon édite régulièrement des monographies destinées à détailler une pratique d’ORL. Sur ce congrès de la SFORL 2022, une technique de réparation du tympan par une greffe était à l’honneur. Le docteur Sandra Zaouche, médecin ORL au CHU de Lyon, est venue expliquer comment l’utilisation d’un cartilage dans les chirurgies du tympan permettait d’améliorer le résultat, photos chirurgicales à l’appui. Le livre avec la vidéo des explications de cette pratique « Myringoplastie : la technique de palissade » était ensuite distribué sur le stand de l’enseigne, avec une certaine frénésie de la part des visiteurs.

Inventis : une nouvelle marque d’appareils de tests auditifs ?
Alors qu’il existe à ce jour peu de marques d’appareils de tests auditifs destinés aux audioprothésistes, hormis Interacoustics et Natus, une troisième marque pourrait faire son apparition d’ici deux ou trois ans, selon Alice De Rosa, la directrice générale de Synapsys.
En effet, sa société qui fait du matériel pour les vertiges depuis 2 ou 3 ans, vient d’être achetée par Inventis, une marque italienne spécialisée dans l’ensemble des matériels de tests auditifs.
Sa société deviendra Inventis France dans quelques temps et proposera alors le catalogue d’appareils de mesures audiométriques d’Inventis. « Nous nous concentrons pour le moment sur les médecins ORL, mais nous chercherons à nous développer que les audioprothésistes d’ici deux ou trois ans » précise Alice De Rosa.

Un logiciel pour automatiser les audiométries
Au premier étage, iAudiogram faisait la démonstration de son logiciel, destiné à automatiser les tests d’audiométrie. Son créateur, Nicolas Wallaert, est non seulement audioprothésiste mais aussi ingénieur en acoustique et normalien. Dans la pratique, le patient s’installe devant un ordinateur muni d’un casque et d’un micro. L’audioprothésiste choisit à l’écran de réaliser une audiométrie tonale ou vocale, en mode aérien, ou en champ libre ou encore en conduction osseuse et lance le test. Le patient, muni d’une télécommande pour la tonale, clique lorsqu’il entend le son. Pour l’audiométrie vocale, un micro est placé sur le col du patient qui répète les mots qu’il entend. Le logiciel analyse la réponse et la valide ou non pour déterminer un score.
Ce système devrait être commercialisé en 2023, car il attend pour le moment marquage CE.

L’entrainement auditif de Profonia reprend son envol
Après avoir été acheté par Humans Matter à l’été 2021, le logiciel d’entrainement auditif Profonia vient d’être relancé en juin de cette année.
La société Humans Matter développe déjà le logiciel Happyneuron, destiné à l’entrainement orthophonique, utilisé par presqu’un million de patients et qui équipe la moitié des orthophonistes en France, soit 6 000, selon l’éditeur.
Julien Moly, business développer de la marque, explique : « il s’agit pour Humans Matter de mettre en place un parcours pluridisciplinaire, mélangeant la rééducation avec les formations et les informations ».
La licence de Profonia est vendue aux patients via un système de cartes prépayées disposée sur un présentoir chez les audioprothésistes. Le logiciel peut être installé sur tous les smartphones, ordinateurs, tablettes …
Une centaine d’audioprothésistes utiliserait déjà Profonia avec leurs patients, notamment parmi les enseignes Audition Conseil et GrandAudition.

Doctolib, utilisé par les ORL, mais peu par les audioprothésistes
Doctolib était présent sur ce congrès de la SFORL. Une bonne raison à ça, Hugo Pentecoste-Darbois, référent médecins pour la région Paca indique que « en France, 70% des ORL utilisent Doctolib, soit environ 2 000 personnes. En revanche, nous n’avons que 205 audioprothésistes parmi nos clients, ce qui représente à peine 6,5% du marché ». Pourtant, Doctolib s’annonce prêt à les accueillir sur leur plateforme.

Corinne Couté