Les audios sous les feux de 60 Millions de Consommateurs

Les audios dans la presse


60 millions de consommateurs a réalisé une enquête de 7 pages sur le appareils auditifs dans son numéro d'octobre 2022

Dans son édition d’octobre 2022, le magazine 60 millions de consommateurs consacre un long dossier titré « Appareils auditifs, exigez plus ! » mais qui est principalement dédié aux pratiques des audioprothésistes… sans être toujours tendre !

Après deux numéros de Que Choisir, consacrés aux tests d'appareils auditifs, dont le plus récent date de février dernier, c’est au tour du magazine 60 millions de consommateurs de passer le secteur de l’audioprothèse à la loupe.

Pas moins de 7 pages y sont consacrées à travers une enquête réalisée par des «19 enquêteurs mystère », tous étant de vrais patients atteints de presbyacousie et disposant tous d’une ordonnance de leur ORL et d’un audiogramme.

13 femmes et 6 hommes de 37 à 80 ans ont ainsi pris rendez-vous chacun avec 3 à 4 audios. Au total 69 devis ont été réalisés entre avril et juin 2022 : 14 à Paris, 23 dans le reste de l’Ile-de-France et 32 dans d’autres régions. Les devis ont été analysés sur les plans juridiques et techniques, tandis qu’un questionnaire rempli par tous les panélistes a permis d’évaluer la qualité de l’accueil et des informations délivrées.

L’article souligne que d’un audioprothésiste à l’autre, la qualité relationnelle fait le grand écart, et les prix et les modèles d’aides auditives proposés aussi. Il est donc recommandé aux lecteurs de demander des devis dans divers centres et il est même précisé : « des devis complets » car le magazine de consommateurs note que de nombreux devis ne sont pas normalisés, que beaucoup de flou demeure sur le reste à charge et qu’il y a une absence régulière de fiche technique…

Mais, bonne nouvelle pour le secteur, l’enquête révèle un fort pourcentage de satisfaction vis-à-vis des audioprothésistes. Beaucoup des testeurs ont été heureusement surpris du temps qui leur a été consacré (environ une heure et jusqu’à une heure et demi) et ont jugé avoir été correctement informés. Les différences entre les équipements ont été abordées ainsi que les situations de la vie quotidienne où les patients étaient le plus gênés et ce qu’ils pouvaient raisonnablement attendre de leur appareillage.

Mais l’article souligne d’importants bémols : dans 18 cas sur 69, il n’a pas été possible de vérifier que l’entretien et le devis ont été réalisés par un audioprothésiste DE. Les panélistes ont été peu souvent soumis à des tests auditifs complémentaires. L’audiométrie tonale n’a été réalisée que dans 42 cas et l’audiométrie vocale dans 24 cas seulement. Le devis normalisé était souvent incomplet. Sur 69 devis, la fiche technique, obligatoire, n’a été jointe que dans 8 cas et le reste à charge était souvent mal indiqué ou peu détaillé.

Le magazine a également constaté de fortes différences d’appareils et de prix, notamment sur les appareils vendus sous marque exclusive qui ne sont pas moins coûteux que les autres. Il note que les prix font le grand écart, y compris pour un même modèle au sein d’une même enseigne, avec une différence de près de 800€. Il souligne des pratiques commerciales susceptibles d’éloigner les clients des modèles de classe I, soit par des commentaires dévalorisants, soit en proposant des paiements en 48 fois sans frais, même lorsque la situation du patient permettrait de l’appareiller avec succès d’un appareil de classe 1.

L’article étudie également le prix des consommables (piles et produits d’entretien) et des accessoires qui sont rarement renseignés.

L’article conclut que malgré la satisfaction des panélistes, les informations délivrées ne permettent pas de comparer aisément et complètement les offres. Il rappelle aussi que ce sont le réglage et le suivi qui font la correction et que le coût de l’appareil et celui de la prestation de suivi sont indissociables. Le magazine indique que 3 séances de suivi sont prévues la première année et qu’il faut compter au moins une visite tous les 6 mois ensuite. Il précise aussi que le patient peut changer d’audioprothésiste et que la transition pour assurer le suivi doit être facilitée par l’audio qui a réalisé l’appareillage.

Enfin, le magazine consacre une pleine page aux points de vigilance nécessaires avant de signer son contrat d’assurance pour ses aides auditives.

En clair, les patients sont contents de leurs audioprothésistes, mais pas vraiment des informations et documents qui leur sont fournis.

Nathalie Bloch-Sitbon