Une vaste étude coréenne met en évidence l'association entre le tabagisme et la perte auditive

recherche scientifique



Les résultats d'une étude publiée par des chercheurs de Séoul dans la revue Scientific Reports en avril 2021, confirment les preuves précédentes selon lesquelles le tabagisme est une cause indépendante de perte auditive, y compris chez les jeunes adultes. La taille et la conception de l'étude soutiennent ses conclusions.

L'article intitulé « Self-reported and cotinine-verified smoking and increased risk of incident hearing loss » (tabagisme déclaré et vérifié par la cotinine et risque accru de déficience auditive) décrit une vaste étude de cohorte menée auprès de 293 991 adultes coréens exempts de déficience auditive qui ont subi un examen de dépistage complet et ont été suivis pendant 8,8 ans.
L'étude a utilisé l'autodéclaration du statut tabagique comme un contrôle, mais a également, de manière significative, mesuré dans l'urine les niveaux de cotinine, un métabolite majeur de la nicotine et un biomarqueur fiable et objectif qui reflète le statut tabagique. Ce dernier peut réduire le biais de classification erronée des méthodes d'autodéclaration, dont la dépendance à l'égard de nombreuses études antérieures affaiblit leurs preuves, affirment les chercheurs. Le statut tabagique ainsi vérifié a été indépendamment associé dans l'étude à une incidence accrue de perte auditive bilatérale. Les conclusions des chercheurs indiquent que le tabagisme est un facteur de risque indépendant de la perte d’audition. Les auteurs font référence à des études antérieures qui suggèrent que le tabagisme peut provoquer des altérations négatives dans la cochlée, entraînant des effets différents sur la base et l'apex de la cochlée via un compromis microvasculaire et une hypoxémie induite. Aucune étude antérieure n'a cependant montré les effets des mesures subjectives et objectives du tabagisme sur le développement de la perte auditive.
La signification des associations confirmées s'est maintenue même après ajustement de divers facteurs de confusion, notamment l'exposition au bruit professionnel, bien que les associations ne se soient pas avérées statistiquement différentes selon le sexe, et que le nombre de fumeuses dans la cohorte ait été faible.
L'étude présente plusieurs limites, notamment : l'association entre le tabagisme et l'audition n'a pu être étudiée qu'avec des données de basse fréquence ; l'exposition aux loisirs, principale cause de l'hyperacousie provoquée par le bruit, n'a pas été mesurée lors d'un examen complet ; les informations sur les médicaments ototoxiques (le cisplatine et les antibiotiques aminoglycosides) n'étaient pas disponibles ; des analyses détaillées sur le tabagisme passif n'ont pas été possibles dans l'étude, même s'il a été signalé que le tabagisme passif est associé à l'hyperacousie et peut affecter les niveaux de cotinine dans l'urine.

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Lucile Perreau