Le film «Sound of Metal», relatant l'histoire d'un musicien devenant sourd, reçoit 2 Oscars

Bientôt à l'affiche


Sound of Metal, oscarisé pour sa bande son qui recrée l'impression de devenir sourd

Deux oscars, celui du Meilleur Son et celui du Meilleur Montage, sont venus couronner le film «Sound of Metal» qui raconte l'histoire d'un musicien de Heavy Metal qui devient sourd.

Le film suit un couple de musiciens de heavy metal Ruben (Riz Ahmed) et Lou (Olivia Cooke), ensemble à la ville comme à la scène, qui sillonnent les Etats-Unis avec leurs concerts. Un soir, Ruben est gêné par des bourdonnements. Le diagnostic tombe, au delà des acouphènes, l'artiste est en train de devenir sourd. Le scénario s'inspire du docufiction inachevé « Metalhead » de Derek Cianfrance datant de 2009, dans lequel le batteur devient peu à peu sourd.

Retranscrire avec le plus de justesse possible, le moment où le héros perd l'audition, voilà l'objectif que s'était fixé Nicolas Becker, l'ingénieur du son aujourd'hui oscarisé, recréant pour le spectateur l'illusion de devenir sourd.

Il a bardé de capteurs et de micros high-tech l’acteur Riz Ahmed qui joue le héros et réalisé différents enregistrements sous l'eau pour arriver à ses fins. « J'ai fait beaucoup de recherches pour essayer d'imiter la façon dont la cavité du corps résonne. Votre cerveau est en fait capable de recréer une partie du spectre sonore grâce à cela. C'est ce qui se passe lorsque vous êtes immergé dans l'eau: ce que vous entendez, vous l'entendez réellement de votre corps, et dans votre cerveau, c'est transformé. Cela ressemble à du son, mais c'est une vibration », a confié Nicolas Becker au magazine américain Deadline. Il décrit notamment la difficulté de permettre au spectateur de « vivre » le moment où le musicien est implanté : « Il a fallu produire ce son-là, et je voulais que ce soit un son qu'on n'a jamais entendu avant, qu'il n'y ait aucune référence », a-t-il expliqué sur BFM le soir des Oscars. « On a créé un petit appareil que mettait Riz Ahmed dans son oreille pour simuler les différentes étapes de sa perte d'audition, pour qu'il puisse avoir une sensation physique et pas juste intellectuelle, de ce que pouvait être la surdité. Ça a eu énormément d'influence sur son jeu ».

Le film propose aussi un dispositif pour les spectateurs sourds, avec des sous-titres décrivant certains sons.

S'il a été salué par la critique internationale pour l'immersion proposée, le film a soulevé quelques critiques parmi les professionnels de l’audition, notamment aux Etats-Unis, qui ont regretté que la réhabilitation auditive par les aides auditives ou les implants ne soit pas plus abordée.

Déjà diffusé aux Etats-Unis, le film devrait sortir « prochainement » en France, en fonction de l'évolution de la crise sanitaire et de la réouverture des salles.

 

Nathalie Bloch-Sitbon