L’Académie Nationale de Médecine rappelle l’importance de l’audition

prévention


Comme le rappelle l'Académie, "tout au long de la vie, la médecine préventive devrait améliorer le futur auditif, mais cette prévention n’a d’efficacité que si l’audition reste une préoccupation permanente".

A l’occasion de la 24é Journée Nationale de l’Audition, le 11 mars 2021, l’Académie nationale de médecine en a profité pour rappeler l’importance de l’audition dans la santé des Français.

L’Académie Nationale de Médecine précise que le déficit auditif doit être dépisté sous peine de retards diagnostiques qui ne permettraient plus, alors, de pallier efficacement ses redoutables effets, et recommande ce dépistage et le dépistage de l’infection à cytomégalovirus (CMV). L’institution insiste également sur l’importance de la prise en charge précoce de la presbyacousie. « Les progrès technologiques ont doté les prothèses auditives d’une réelle efficacité et que l’obstacle financier a été levé par la mise en place du « reste à charge zéro » en 2020. » L’Académie a aussi malheureusement constaté l’état désastreux de la médecine scolaire et recommandé, entre autres, de remédier d’urgence à la pénurie des médecins de l’Éducation Nationale. L’académie pointe également du doigt l’utilisation trop intense des écouteurs par les adolescents et les jeunes adultes, et insiste sur le devoir de prévention des médecins généralistes, des pédiatres et des ORL. « Tout au long de l’âge adulte et jusqu’à l’heure où surviennent les premiers outrages de l’âge, toute manifestation auditive doit entraîner une consultation en milieu ORL, d’autant plus que les signes en sont unilatéraux : les otites chroniques et leurs séquelles fonctionnelles, les séquelles des traumatismes, les pathologies tumorales, les atteintes syndromiques… sont l’apanage des otologistes, dont les « outils » thérapeutiques ont progressé au cours des dernières années. »
Tout au long de la vie, la médecine préventive devrait améliorer le futur auditif, mais cette prévention n’a d’efficacité que si l’audition reste une préoccupation permanente.

Il faut en particulier savoir que :

- le « traumatisme sonore du samedi soir » rend sourd et acouphénique de plus en plus jeune,
- le bruit en milieu de travail est une agression de plus en plus fréquente et intense, mais conduisant encore rarement à une reconnaissance en tant que maladie professionnelle,
- malgré une réglementation riche, la prise en compte de l’incidence du bruit dans l’habitat sur la santé reste souvent insuffisante (3).
L’Académie Nationale de médecine souligne l’importance de « penser » audition, tout au long de la vie, et rappelle la nécessité de :
- s’assurer de l’efficience du dépistage systématique à la naissance sur l’ensemble du territoire national,
- instaurer un dépistage systématique de l’infection à CMV à la naissance,
- rendre ses titres de noblesse à la médecine scolaire,
- quantifier, pour les réduire et les contrôler, les nuisances sonores dès le plus jeune âge,
- mettre en place les conditions d’un bilan systématique et d’un suivi éventuel de l’état auditif pour toute la population à l’âge de 60 ans,
- informer les patients, au travers des professionnels de santé, de la possibilité de contrer les effets délétères de la presbyacousie, en insistant sur l’absence, désormais acquise, d’obstacle financier.
 

signature