Identification des facteurs de risque sociodémographiques

Surdité congénitale

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Alors que la mise en place d'un protocole universel de dépistage néonatal de la surdité joue toujours l'Arlésienne en France, laissant aux seules initiatives locales cette mission de santé publique, la Flandre belge tire déjà les premiers enseignements de son initiative de dépistage généralisé, lancé dès 1998. Dans un récent article publié par la revue European Journal of Public Health, une équipe de médecins flamands dresse, à partir des données recueillies entre 2003 et 2004, le profil sociodémographique moyen des cas de surdité détectés. Sur deux ans, l'étude a concerné 125 595 naissances, parmi lesquelles 103 835 nouveau-nés ont été intégrés à l'étude (soit 82,7 % de la cohorte). Ont été notamment exclus les décès, les enfants non testés (déménagement, refus, etc.), les dépistages effectués en dehors du système public, où la méthodologie peut différer, ainsi que les enfants prématurés.

La prévalence de la surdité unilatérale ou bilatérale supérieure à 35 dB nHL (détectée par la technique des potentiels évoqués auditifs automatisés) est évaluée en Flandre à 1,52 ‰ (0,867 ‰ pour les seules surdités bilatérales). L'analyse statistique montre que plusieurs facteurs sont associés à ces troubles de l'audition : le sexe de l'enfant (les garçons sont plus touchés), l'ordre de naissance (le premier-né est moins atteint), la taille à la naissance, le fait d'allaiter, le niveau d'éducation de la mère et son origine géographique (les mères originaires d'Europe de l'Est ont plus de chances de donner naissance à un enfant sourd). Certains de ces facteurs sont probablement liés au niveau socio-économique du foyer, qui n'a pas été évalué dans le cadre de cette étude.

De même, l'étude n'a pas sondé la consommation d'alcool et de tabac, qui sont pourtant suspectés d'être des facteurs de risque pendant la grossesse. Elle permet néanmoins d'alerter les services ORL sur certaines populations à risque en les incitant à resserrer leur attention sur celles-ci, et de guider le dépistage s'il ne peut être effectué de façon universelle. "Quand, au sein d'une population, l'organisation du dépistage universel en direction de l'ensemble de la cible n'est pas réalisable, les politiques devraient s'adresser de façon prioritaire aux populations défavorisées, estiment les auteurs de l'étude. Elles constituent en effet un groupe de risque majeur qui peut être dépisté pour le meilleur rapport coût-efficacité." L'idéal reste néanmoins la mise en place d'un protocole universel, donc le coût reste faible par rapport aux bénéfices tirés.

Source : Van Kerschaver et al. Socio-demographic determinants of hearing impairment studied in 103 835 term babies. Eur J Public Health. En ligne le 27 mars 2012.
En savoir plus : Leendert van der Ent, OEA, ASSR, PEA : le point sur les techniques existantes, Audiology infos, n° 22, janvier-février 2012.
Crédit photo : Paul Ripke

G.F.