Prévenir les synaptopathies dues aux traumatismes sonores

Surdités cachées

© Juemei Wang - Oghalai Lab

Un traumatisme sonore important, de type explosion, entraîne des dommages au niveau de l’oreille, et plus particulièrement des cellules ciliées externes et des synapses reliant celles-ci aux neurones auditifs. Concernant les cellules ciliées, l’atteinte est essentiellement basale. En revanche, les synapses sont touchées quel que soit leur emplacement le long de la cochlée.

Des chercheurs américains des universités Stanford et de Californie du sud ont découvert pourquoi : les dommages sur les cellules ciliées basales ont un impact sur l’osmolarité de l’endolymphe, ce qui provoque des détériorations des synapses tout le long de la cochlée. Les travaux sont publiés dans la revue Pnas.

Grâce à de l’imagerie par tomographie en cohérence optique, les chercheurs ont observé que le traumatisme sonore provoque une augmentation du volume de l’endolymphe, appelé hydrops endolymphatique. Cet hydrops est sans doute lié à un excès d’ions potassium (K+), dû au fait que les cellules ciliées externes détruites par le traumatisme ne sont plus capables de les absorber. Dans le même temps, les cellules ciliées externes non endommagées produisent du glutamate en excès (soit à cause de l’hydrops, soit parce que les cellules ciliées endommagées libèrent de l’ATP qui créé des vagues de calcium le long de l’épithélium) ce qui provoque le gonflement des boutons synaptiques, qui peut entraîner la destruction du ruban synaptique de la cellule ciliée.

Outre l’explication du mécanisme, les auteurs proposent un traitement simple : en injectant une périlymphe hypertonique dans la rampe vestibulaire, il est possible d’éviter l’hydrops et donc, la perte des synapses. Ces travaux s’avèrent par ailleurs intéressants dans le cadre de la maladie de Menière, dont les crises de vertiges sont en partie provoquées par des hydrops endolymphatiques.

BS