Premier succès pour la thérapie génique

Surdité congénitale

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Une étude publiée le 26 juillet dans la revue Neuron présente les résultats prometteurs obtenus par thérapie génique pour rétablir l'audition chez des souris atteintes de surdité congénitale. Menés par l'équipe du Pr Lawrence Lustig, de l'université de Californie à San Francisco (États-Unis), en collaboration avec l'université de Pittsburgh et l’université d’État de l’Ohio, ces travaux constituent une avancée significative dans le traitement des surdités d'origine génétique, qui représenteraient un cas sur deux à la naissance.

Les chercheurs américains ont étudié des souris sourdes car n'exprimant pas un transporteur vésiculaire du glutamate, VGLUT3. Ce transporteur, codé par le gène humain SLC17A8, intervient dans la transmission synaptique des messages nerveux entre les cellules ciliées internes et le nerf sensitif. Pour corriger cette mutation pathogène, le gène codant ce transporteur était transféré dans les cellules de la cochlée par un vecteur dérivé de virus adéno-associé AAV1 : après avoir envisagé une micro-injection par une cochléostomie apicale, les chercheurs ont privilégie l'injection directe à travers la membrane de la fenêtre ronde (sans doute moins traumatique), qui assure le transfert du gène à la totalité des cellules ciliées internes.

Ce transfert génique efficace entraîne un retour à une audition quasi normale sept jours après l'injection, l'écart des seuils des potentiels évoqués auditifs (PEA) avec les souris normo-entendantes étant inférieur à 10 dB. En revanche, les souris ne recouvrent pas totalement un comportement normal en réaction à un bruit, ce qui peut être lié à la moindre amplitude des ondes cérébrales chez les souris traitées.

Si certaines souris maintiennent cet avantage pendant un an et demi, il disparaît au cours du temps pour la majorité des animaux traités. Un paramètre semble renforcer la longévité de la thérapie : la précocité de l'injection, plus de 90 % des souris injectés au premier jour de vie ayant maintenu leur audition à 28 semaines contre moins de 10 % lorsque l'injection intervient au dixième jour. Les chercheurs poursuivent leurs efforts pour mieux comprendre ces variations de longévité ainsi que les modifications physiologiques (au niveau des synapses à ruban des cellules ciliées internes) qui interviennent suite à la thérapie génique.

Source : Akil O et al. Restoration of Hearing in the VGLUT3 Knockout Mouse Using Virally Mediated Gene Therapy. Neuron. 2012;75(2):283-93.
Crédit photo : dna-double-helix © Rodolfo Clix

G.F.