Acouphène et inflammation de la cochlée

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Quel lien entre l'acouphène et le protéome, qui engloble l'ensemble des protéines traduites par les cellules à partir de l'ARN ? Ces dernières années, les chercheurs ont identifié au niveau de la cochlée et du colliculus inférieur de souris acouphéniques 87 gènes surexprimés (la quantité des protéines associées étant plus importante) et 140 gènes sous-exprimés. Des médecins taiwainais se sont intéressés plus spécifiquement à certaines protéines impliquées dans le processus inflammatoire, les cytokines, telles le TNF-? et l'IL-1?. Une étude expérimentale menée sur des souris a montré qu'un acouphène provoqué par une injection intrapéritonéale d'un composé ototoxique, le salicylate, entraîne une sur-production de ces cytokines.

La sur-expression des gènes codant les cytokines est corrélée directement à la présence d'un acouphène, détecté par un test comportemental. Si l'on savait déjà que certains troubles de l'audition, induits par des cytomégalovirus, des infections bactériennes ou des traumatismes auditifs, étaient liés à la sur-expression de ces gènes, ce rapport n'avait pas encore été mis en évidence pour l'acouphène. Reste à déterminer si les cytokines pro-inflammatoires jouent un rôle direct dans l'apparition de la perception fantôme, ou interviennent via une tierce protéine, le récepteur NMDA, l'étude attestant une corrélation positive entre les niveaux d'expression du gène NR2B codant ce récepteur et les gènes TNF-? et IL-1?.

Source : Expression of tumor necrosis factor-? and interleukin-1? genes in the cochlea and inferior colliculus in salicylate-induced tinnitus. J.-H. Hwang et al. J Neuroinflammation. 2011;8:30.

Crédit photo : Inserm

G.F.