La maladie de Menière présentée au grand public

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Le site Orphanet, le portail des maladies rares et des médicaments orphelins (géré par un consortium européen d’une quarantaine de pays), vient de mettre à jour la fiche consacrée à la maladie de Menière, destinée au grand public. Ce document de quatorze pages, à la lecture facile, a été réalisé en collaboration avec les professeurs Didier Bouccara et Olivier Sterkers, de l'hôpital Beaujon de Clichy et le docteur Évelyne Ferrary, de la faculté de médecine Xavier Bichat de Paris.

En préambule, le document précise que ces informations ont "pour but de favoriser le dialogue avec votre médecin" et ne remplacent bien évidemment pas à une consultation chez un ORL. Il présente la maladie, dont la prévalence est estimée entre 1 sur 600 à 1 sur 10 000 selon les études, ses causes – encore inconnues – ainsi que ses différents symptômes : crises de vertiges, bourdonnements d’oreille et perte d’audition récurrente, qui peuvent provoquer maux de tête et vomissements. Cependant, "la maladie de Menière s’exprime différemment selon les personnes qui en souffrent et parfois à différents moments pour une même personne", ce qui complique le diagnostic.

Celui-ci repose sur l'audiométrie, vocale et tonale, des épreuves vestibulaires, comme l’examen vidéonystagmographique (VNG), ainsi que les potentiels évoqués auditifs (PEA). Ces tests permettent d'écarter d'autres maladies, comme l’otospongiose (maladie héréditaire caractérisée surtout par une surdité qui évolue progressivement et des acouphènes), les fistules labyrinthiques (liées à des malformations de l'oreille interne) et les neurinomes de l’acoustique.

Enfin, l'Orphanet fait le point sur les différentes thérapies disponibles pour traiter la maladie de Menière. Au moment des crises, les patients peuvent se voir prescrire des médicaments anti-vertigineux (comme l’acétyl-leucine), anti-vomissements et éventuellement des anxiolytiques. Le traitement de fond vise à "réduire la pression de l’endolymphe, mais ses résultats sont aléatoires, car les mécanismes exacts de la maladie ne sont pas connus avec certitude et l’évolution est très variable d’une personne à l’autre" : cela peut passer par des prescriptions médicamenteuses, une rééducation vestibulaire ou un traitement "pressionnel", et éventuellement une prise en charge chirurgicale, sans oublier le nécessaire accompagnement psychologique personnel. Mais le document de conclure que, si "les traitements permettent d’atténuer les crises et de les rendre plus supportables, ils n’ont pas d’influence démontrée sur l’évolution de la maladie".

Source : Orphanet, page consacrée à la maladie de Menière :

G.F.