La Fondation pour l'Audition et l'Igas voudraient autoriser les audioprothésistes itinérants

Activité en itinérance


Le rapport de l’IGAS envisage la possibilité d’expérimenter des conditions particulières pour l’appareillage des malentendants en
situation de dépendance à domicile ou en établissement.

Le récent rapport de l'Igas et le nouveau livre blanc de la Fondation pour l'Audition recommandent tous les deux que l’appareillage et le suivi des malentendants en situation de dépendance se fasse à domicile ou en établissement, alors que cette pratique est actuellement interdite. Les audioprothésistes seront-ils bientôt autorisés à pratiquer en itinérance ?

 

A l’approche des élections présidentielles et législatives, la Fondation Pour l’Audition vient d'interpeller les candidats et les éditorialistes, au travers d’un livre blanc, composé de 10 propositions, afin de faire de l’audition un sujet majeur dans le débat public. L’une des propositions concerne notamment l’appareillage et le suivi des malentendants ne pouvant pas se rendre dans un laboratoire d'audioprothèse.
L’ouvrage de la Fondation propose de redéfinir les conditions légales d’intervention des audioprothésistes, en tenant compte de l'interdiction de leur exercice hors d'un local agréé, comme inscrit dans le CSP (Code de Santé Publique). Cette modification permettrait ainsi la prise en charge par la sécurité sociale de ces interventions.
Nombreuses sont les voix qui s'élèvent actuellement pour introduire la pratique itinérante du métier d'audioprothésiste dans certaines conditions.
Avec le prolongement de la durée de vie, un plus grand nombre de personnes, en Ehpad ou non, connaîtront un déclin des capacités cognitives, augmentant la perte d’autonomie. Selon eux, il y aurait urgence à promouvoir une approche globale pour veiller au bien-être auditif des seniors, basée sur la proximité, afin de prévenir le déclin cognitif et mieux accompagner les personnes sourdes ou malentendantes âgées dans les structures d’aides à domicile ou les établissements d’hébergement. À l’instar de ce qui a été rendu possible pour les opticiens, les audioprothésistes devraient pouvoir exercer hors de le leur local.
De son côté, le rapport de l’Igas envisage la possibilité d’expérimenter des conditions particulières pour l’appareillage des malentendants en situation de dépendance. Cette expérimentation devrait être ainsi être « initiée par les pouvoirs publics » et assurer que « la qualité de la prise en charge soit préservée ». L’expérimentation pourrait en outre, s’inspirer des conditions d’encadrement prévues pour celles concernant les opticiens.

De plus, les résidents en Ehpad connaissent une dégradation considérable de leur autonomie lorsqu’ils n’utilisent pas correctement leur appareillage auditif. L’étude ERMAI, menée en 2009 sur 182 patients résidant en Ehpad dans la région lilloise, a démontré que 82 % d’entre eux ne portaient pas correctement leurs appareils auditifs. Après plusieurs années de formation du personnel soignant et la mise en place d’actions de sensibilisation, la tendance s’est considérablement inversée. L’étude ERMAI, menée en 2015, a prouvé que sur 133 patients, 86 % portaient leurs aides dans de bonnes conditions. Le rapport de l’Igas complète cette proposition avec la recommandation de désigner un « référent audition » par Ehpad ou groupe d’Ehpad, au sein d’un territoire donné qui pourra former les personnels aux enjeux liés à l’audition et au port des aides auditives.

Lucile Perreau