Des robots pour poser les implants cochléaires

Chirurgie ORL


© Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, AP-HP
Une pose d’implant cochléaire a été réalisée grâce à l’assistance d’un bras robotisé à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière

Deux interventions chirurgicales, destinées à implanter des patients, ont récemment été réalisées à l’aide d’un robot. A la clé, moins de lésions et une meilleure récupération post-opératoire.

La première opération utilisant un robot pour poser un implant cochléaire a eu lieu à l’hôpital universitaire d’Anvers, en Belgique, par l’équipe du docteur Vedat Topsakal en juin 2019. Le robot a effectué une percée dans la cochlée, tout en n’étant pas contrôlé par le chirurgien, mais en suivant un plan défini au préalable. « Le robot suit une trajectoire que le chirurgien a défini sur la base de photos. C’est la trajectoire la plus idéale. Je dis ce que je veux et le robot l’exécute exactement, avec une précision de 90 microns, l’épaisseur d’un cheveu » a expliqué le docteur Vedat Topsakal à la télévision belge RTBF. « La précision est très importante avec ces implants, elle est liée avec l’amélioration de l’audition » a-t-il poursuivi.



La seconde intervention a eu lieu à Paris, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière le 9 juillet 2019. Cette fois-ci, le robot utilisé est le « Robotol » de la société Collin. Cet appareil a été développé en France, en partenariat avec une équipe de l’hôpital parisien, en particulier le docteur Yann Nguyen, médecin orl en charge du projet et qui a réalisé l’opération avec le docteur Isabelle Mosnier. Le développement du robot a également bénéficié du soutien et des financements de la Fondation pour l’Audition. L’intervention consistait à insérer un porte-électrode chez un patient atteint de surdité sévère bilatérale. Dans ce deuxième type d'intervention, le bras était à l'inverse manipulé par le chirurgien, mais le robot contrôlait la vitesse et supprimait les à-coups et tremblements. Une vitesse lente, inférieure à 0,5 mm/s et régulière, était gérée par le bras du robot, vitesse que la main humaine est incapable d’atteindre. « Ce ralentissement permet de créer le moins de lésions possibles au moment où on va introduire l’implant et donc une meilleure récupération post-opératoire » a expliqué le docteur Yann Nguyen au magazine l’Usine Nouvelle. Ce robot a lui aussi une procédure d’automatisation en développement, comme celui de l'hôpiltal universitaire d'Anvers, mais qui n’est pas encore commercialisée.

Corinne Couté