Audika ouvre son premier centre dédié aux musiciens et mélomanes

musique 


Crédit : Corinne Couté

Avis aux amateurs de musique, il est désormais possible de faire régler ses aides auditives pour retrouver le plaisir d'écouter de la musique ou de jouer de son instrument. Cette cabine à l'acousitique spécifique se situe dans le 6ème arrondissement de Paris, dans un centre Audika. 


Avec l'aide d'Audika, l'audioprothésiste Bernard Hugon à eu l'occasion de développer son projet dans son centre : une cabine insonorisée, spécialement conçue pour effectuer les règlages en présence de musique. À l'origine Bernard Hugon est lui-même musicien électro-acousticien de formation. Il a entrepris une carrière d'audioprothésiste il y a près de vingt ans. Or, il se rend compte qu'il reçoit régulièrement des personnes souhaitant écouter de la musique. "Je réalisais les réglages empiriquement " confie l'audioprothésiste. " L'énergie n'est pas la même dans la voix et dans la musique ". En effet, le spectre de fréquence de la musique est plus large que celui de la parole. Selon l'audioprothésiste, 50% des patients malentendants se disent mécontents de leurs réglages pour écouter de la musique.
En rejoignant Audika en 2017, la possibilité de réaliser des réglages spécifiques à la musique se réalise enfin. La cabine musicale 8.1 a été inaugurée début juin 2019. " Une installation unique au monde dédiée aux mélomanes et aux musiciens souffrant de troubles auditifs " annonce Audika.

Dans le monde de la musique, les troubles de l'audition deviennent vite problématiques. Des musiciens célèbres comme Sting ou Phil Collins sont par exemple appareillés.  L'exposition aux volumes sonores générés par les instruments sont facteurs de troubles auditifs. " Je n'entends plus les harmoniques " explique Patrice Lagache, musicien professionnel atteint d'acouphènes, présent ce jour-là. 

 

Qu'est-ce qu'une cabine musicale pour audioprothésiste ?

 

Pour ce projet, Bernard Hugon s'est entouré de Christian Hugonnet, spécialiste de l'acoustique pour les professionnels, afin de concevoir une cabine dont l'acoustique est différente des cabines classiques d'audioprothésiste. L'objectif : " jouer et régler en présence de l'instrument pour conserver le timbre  " expliqe Bernard Hugon. Ainsi, la cabine revêt davantage l'allure de studio d'enregistrement. Cette dernière se scinde en deux parties. Une première zone dite "morte", au sein de laquelle se trouve l'audioprothésiste, est conçu pour absorber l'ensemble des sons et éviter la réverbération. La seconde zone, dite " réfléchissante " est calqué sur le modèle d'un studio de musique : les murs sont ornés de panneaux de bois disposés pour réfléchir le son émis par la musique. Le plafond est également bâti pour éviter la stagnation des sons. Huit haut-parleurs sont présents de part et d'autre de la cabine, ainsi qu'un caisson de basse, d'où le nom de cabine musicale 8.1. 
 



Pour Bernard Hugon, " L'identification du timbre fait parti de la richesse de la musique ". Pour cela, un protocole de tests spécialement conçu pour la musique par le professeur en neuroscience Brian Moore de l'Université de Cambridge est suivi. Une sonde micro est placée à proximité du tympan du musicien permettant à l'audioprothésiste d'observer son champ auditif en temps réel en fonction des notes jouées. Le logiciel de test du timbre, développé par l'IRCAM, permet alors de discerner les sons venant déranger le musicien. Chaque instrument nécessite un ajustement particulier. Une fois la totalité des réglages techniques effectué, une étape reste encore à franchir. La rééducation. Convaincu de l'importance du cerveau et de la mémorisation, Bernard Hugon s'inspire de l'exemple d'une patiente qui, avant de se rendre à un concert, lisait les partitions afin de percevoir la totalité des notes durant le spectacle. Lorsqu'elle ne prenait pas cette précaution, elle avouait ne pas discerner correctement la musique. Pour Bernard Hugon, " le mélomane veut retrouver le plaisir de l'écoute, pas seulement l'écoute". Voilà pourquoi le professionnel de santé accompagne le musicien lors de sa rééducation qu'il avoue avoir élaboré de manière empirique. Pour que le cerveau se reconnecte avec la musique que l'oreille entend à nouveau, il fait défiler les notes ou une représentation des notes devant le patient.
Cette installation s'adresse à un patientèle bien particulière, les adeptes de musique, qui sont souvent oubliés, la distinction de la parole restant presque toujours la priorité dans le monde de l'audition. 

Centre Audika - Bernard Hugon - 101/103 rue de Sèvres 75006 Paris

Antoine ERICHER