École de Rouen : les propos maladroits de la future directrice

Formation

© istockphoto

L’ouverture de l’école de Rouen ne s’effectue pas en toute quiétude. Déjà, lors de la première annonce de la création de l’école, les instances de la profession d’audioprothèse dont le Collège national d’audioprothèse en charge de la formation, mais aussi l’Unsaf, avaient vu l’ouverture de cette nouvelle école d’un assez mauvais œil, et pour cause : elles n’avaient en rien été averties de ce projet.

Si Catherine Palladitcheff, directrice de l’hôpital de La Musse qui hébergera l’école d’audioprothèse, déclarait alors vouloir apaiser le débat et collaborer avec le CNA sur ce projet, ses propos rapportés hier par nos confrères de Ouest France ont jeté de l’huile sur le feu. « C’est le contexte général relayé, il y a plusieurs années, par le magazine Que choisir qui a nourri notre réflexion. Il y a un manque important d’audioprothésistes en France. Les prix, arbitrairement pratiqués, sont très élevés. Cette autorégulation de la profession n’est absolument pas vertueuse et le patient en fait les frais. »

Si le nombre de malentendants à appareiller pourrait en effet fortement augmenter ces prochaines années, à condition que la réforme du reste à charge zéro aboutisse, il n’est en revanche pas avéré que le nombre d’audioprothésistes en France soit trop faible. C’est d’ailleurs l’avis de l’Autorité de la concurrence, qui qualifiait le maillage territorial de « satisfaisant », dans son avis rendu fin 2016.

Par ailleurs, comme l’indiquait également l’Autorité de la concurrence, les prix ne sont pas plus élevés que dans d’autres pays d’Europe, même si le reste à charge, lui, est le plus fort – ce qui pourrait changer dans les années à venir.

Ces thématiques, qui ont été au cœur de débat animés au sein de la profession ces dernières années, méritent d’être abordées avec précision, au risque de se mettre l’ensemble de la profession à dos.

BS