Étude de la Drees : ORL, la parité en bonne voie

DREES


Selon la Drees, les femmes médecins perçoivent des revenus généralement 40 % inférieurs à ceux des hommes.

La Drees, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, publie au mois de mars deux enquêtes auprès des professions médicales sur les inégalités salariales hommes-femmes et l’orientation des étudiants en second cycle.

Le « gender gap » : un fossé bien présent
Intitulée « L’influence des charges de famille sur les revenus d’activité selon le genre : le cas des médecins libéraux français », l’étude de la Drees dépeint une certaine féminisation de la profession, et envisage une proportion de femmes médecins de l’ordre de 60 % à l’horizon 2040. Mais ces prévisions sont encore loin de la réalité. En 2011, Les femmes ne représentaient que 20 % des ORL ! Les spécialités dites « de bloc » souffrent d’ailleurs toutes de ce manque de diversité : l’étude dénombre 10 % de chirurgiennes et 23 % de femmes chez les anesthésistes. Un pourcentage révélateur de la faible présence féminine en médecine spécialisée, pourtant majoritaire chez les médecins de moins de 55 ans.
L’enquête note également une différence salariale entre hommes et femmes de l’ordre de 40 % toute spécialité confondue. L’une des explications avancées par la Drees est la baisse du volume d’activité que provoquerait l’arrivée d’un enfant. Pour l’étude, il y a bien un « impact négatif de la maternité sur les revenus des femmes parmi les médecins libéraux ». Une naissance qui implique pour les femmes de « plus faibles durées de travail », « des fréquentes interruptions de carrière » et des « charges familiales qu’elles assument davantage que les hommes ».

Maternité et salaire : une combinaison défavorable
Le fossé entre les revenus des médecins masculins et féminins –appelégender gap- se creuse encore plus pour les médecins ayant plusieurs enfants. Plus l’enfant est jeune, plus les revenus de sa mère diminuent, particulièrement dans la médecine générale. Pire encore, la baisse s’installe tout au long de la vie professionnelle des femmes : « L’arrivée d’un enfant ralentit notablement l’évolution des revenus des femmes. Si la baisse est concentrée sur la période succédant à la naissance elle ne se résorbe jamais complètement, et se cumule en théorie avec le nombre d’enfants. (…) Avoir un enfant en cours de carrière entraîne en effet une chute importante des revenus d’activité des femmes », de l’ordre de« 25 % pour un 1er ou un 2e enfant, et de 30 % à partir du 3e».
A contrario, un tel événement n’entraîne « aucun impact (…) chez les médecins hommes ». Selon l’enquête « les hommes médecins ont même tendance à intensifier leur activité », comme pour « répondre au resserrement de la contrainte budgétaire du ménage ».
 
La médecine libérale délaissée
Autre observation, moins de la moitié des femmes choisissent d’exercer en tant que médecin libéral, à l’inverse des 2/3 de leurs confrères masculins. Idem pour les femmes spécialistes qui sont 30 % chez les moins de 50 ans. Pour les pouvoirs publics, inciter les femmes à exercer la médecine libérale, notamment au moyen d’« indemnités » financières au moment de la maternité, contribuerait à améliorer l’accès aux soins dans certaines régions, devenues de véritables déserts médicaux.

Étudiants : la tendance s’inverse
Du côté de la relève, les chiffres semblent plus encourageants. La revue « Études et Résultats » également publiée par la Drees au mois de mars, révèle que l’Oto-Rhino-Laryngologie séduit énormément d’étudiants : 100 % des postes offerts par les épreuves classantes nationales (ECN) ont été pourvus en 2016, et l’ORL a été la 8e spécialité la plus demandée sur 30 possibilités. À titre d’exemple, la médecine du Travail ferme la marche avec 46 % de postes pourvus en 2016. L’ophtalmologie reste le premier choix des étudiants en médecine et, au même titre que l’ORL, figure parmi les spécialités les plus rémunératrices. L’enquête précise toutefois que « les préférences des étudiants ne concordent pas parfaitement avec le niveau des revenus attendus par spécialité : d’autres déterminants que la rémunération sont à l’œuvre dans leurs choix ». Signe que la parité est en marche, plus de la majorité des étudiants ayant choisi l’ORL (57,5 %) sont des femmes. Il s’agit du ratio le plus élevé au sein des spécialités chirurgicales : on ne recense que 22,7 % d’étudiantes en neurochirurgie, 35,6 % en chirurgie générale, 38,5 % en ophtalmologie et 41,7 % en chirurgie orale. Un taux de présence féminine en ORL qui est également supérieur à la moyenne générale (55,3 %), toutes spécialités confondues.

Plus d'informations ici :
http://drees.social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/dd14.pdf
http://drees.social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/dd14.pdf


 

Kessy Huebi-Martel