Sonalto investit le marché… et la presse grand public

Communication

Audio infos
alt

Le fabricant d'assistants d'écoute Sonalto souhaite sensibiliser le grand public à la presbyacousie et que cela se sache ! Qu’il s’agisse d’articles dans la presse grand public, dans Les Echos et Le Parisien, ou de communiqués de presse, la campagne de communication de la marque bat son plein. Elle se matérialise dans un premier temps dans le Grand Ouest, via un dispositif d'information destiné à familiariser les particuliers avec la presbyacousie et faciliter le dialogue entre patients et professionnels de santé. 400 ORL et médecins généralistes de la région ont accepté de participer à l’opération et afficheront les visuels de la campagne Sonalto dans leur cabinet.

Interrogés dans Les Echos, daté du 26 octobre, sur leurs intentions suite à la « vague de produits lancés sans ordonnance », Maxence Petit et Louis Bohorn, les fondateurs de Sonalto, se déclarent confiants. Avec l’assistant d’écoute Octave, dont quelque 2 000 exemplaires ont déjà été vendus dans 1 500 pharmacies de l’Hexagone, ils envisagent de « dépasser le million de ventes » en 2011 et visent un chiffre d’affaires de « trois à quatre millions en 2012 ».

Si le quotidien rappelle qu’Octave « ne s’adresse (…) qu’aux personnes atteintes de pertes auditives légères ou modérées », et que Sonalto « réfléchit à une distribution via Internet ou les magasins d’optique », il oublie de rappeler la controverse créée par l’appareil, notamment auprès des audioprothésistes. L’Union nationale des syndicats d'audioprothésistes français (Unsaf) a en effet intenté une action en justice contre le fabricant, estimant que ces assistants d’écoute allaient à l’encontre de l’article L4361-1 du Code la santé publique (voir ci-dessous).

Les audioprothésistes ne sont toutefois pas les seuls à tirer la sonnette d’alarme. Le Better Hearing Institute (BHI) s’est également ému de la banalisation des assistants d’écoute dits « Over-the-Counter », car présentés et vendus sur Internet comme des « aides auditives » adaptées à tout type de perte auditive et au réglage universel. L’institut américain préconise au préalable la consultation d’un médecin ORL et que toute aide auditive soit expressément achetée chez un audioprothésiste, seul professionnel apte à définir le type d’aide le plus adapté en fonction du profil du patient, et à procéder aux réglages, étape cruciale pour en tirer le plus de bénéfices possibles et améliorer au mieux son audition. « Les aides auditives d’audiologie, à la pointe de la technologie, doivent être programmées selon les besoins spécifiques des malentendants afin de leur assurer le maximum de bénéfices et de satisfaction, a expliqué Sergeï Kochkin, directeur du BHI.

Le processus d’appareillage des aides auditives actuelles nécessite des tests auditifs réalisés en cabine insonorisée et la formation et les compétences d’un audioprothésiste pour adapter les aides auditives via des programmes logiciels sophistiqués. » Et d’insister sur le nécessaire suivi et conseil pour un appareillage réussi.

Article L4361-1 du Code de la Santé Publique

"Est considérée comme exerçant la profession d'audioprothésiste toute personne qui procède à l'appareillage des déficients de l'ouïe. Cet appareillage comprend le choix, l'adaptation, la délivrance, le contrôle d'efficacité immédiate et permanente de la prothèse auditive et l'éducation prothétique du déficient de l'ouïe appareillé. La délivrance de chaque appareil de prothèse auditive est soumise à la prescription médicale préalable et obligatoire du port d'un appareil, après examen otologique et audiométrique tonal et vocal."

(Crédit photo : Sonalto)

S.Be. avec Les Echos et L.A.-K