Quelles limites pour les offres commerciales en audioprothèse ?

Polémique offre commerciale



La récente polémique sur l'offre commerciale d'Idéal Audition, "deux appareils auditifs achetés = un iphone offert" ouvre le débat sur les limites de la promotion dans le secteur de l'audioprothèse.


 

L’Unsaf (Syndication national des audioprothésistes) a récemment dénoncé fermement l’offre de l’enseigne Idéal Audition, qui consiste à offrir un smartphone pour l’achat de deux appareils auditifs (« deux appareils auditifs achetés, un iphone 6s offert »).
Ce matin, Le Parisien, Capital ou France Info se font l'écho de cette information.
Le syndicat estime que cela revient à faire financer un smartphone par la sécurité sociale, les aides auditives étant remboursées d’autant mieux depuis l’entrée en vigueur du 100% santé le 1 janvier dernier. De son côté, Idéal Audition se défend en expliquant que ses tarifs n’ayant pas augmenté depuis 2014 et de fait pas depuis la mise en place du 100% santé, ce smartphone est financé par les ressources propres à l’enseigne et en aucun cas par la Sécurité sociale.

La Convention Nationale signée entre les caisses d'assurances maladie et le Syndicat national des audioprothésistes stipule dans son article 3 les limites dans lesquelles la publicité peut être réalisée (consultable ici, p101; colonne de gauche, dernier paragraphe) :

« Les fournisseurs s'interdisent de faire pression sur les assurés au moyen de colportage, par des ventes itinérantes, des ventes dites de démonstration, des ventes par démarchage et par correspondance (Code de la Santé Publique), ainsi que par des procédés destinés à drainer la clientèle au moyen de dons de toute sorte, par des pressions auprès des organismes sociaux, ristournes aux praticiens sous quelque forme que ce soit, ou en se substituant aux médecins par la pratique illégale de I’audiométrie clinique. (...)."

Cependant, certaines aides auditives étant désormais paramétrables via son smartphone, Idéal Audition estime qu'il s'agit d'un accompagnement de l'évolution technologique et non d'un don.

Le débat est ouvert.

Corinne Couté