Mathilde Lignot-Leloup : « 11% des aides auditives vendues actuellement proviennent de la classe 100% santé »

Interview exclusive


Mathilde Lignot-Leloup, directrice de la Sécurité sociale - © Jim Wallace

Mathilde Lignot-Leloup, directrice de la Sécurité sociale, nous donne les premiers chiffres de la réforme 100% santé. 

Audio Infos : La réforme du remboursement des audioprothèses, le « 100% santé », est appliquée depuis le 1er janvier 2019. Pouvez-vous nous donner les premiers retours ?

Mathilde Lignot-Leloup : Il y a aujourd’hui 15 000 personnes qui en ont bénéficié en souscrivant aux équipements concernés, ce qui représente un peu plus de 11% des appareils auditifs distribués en classe 1 depuis le début d’année. Le reste est de la classe 2 [les équipements du panier libre, ndlr]. Par ailleurs, tous les patients ont malgré tout bénéficié de l’amélioration de la base du remboursement.
 
AI : Dans le texte, les audioprothésistes s’étaient engagés à proposer 20% d’appareils en classe 1. A ce jour, il n’y en a que 11%. Etes-vous malgré tout satisfaite ? 
MLL : Ce ne sont que les trois premiers mois. Je prends ces chiffres comme un premier démarrage, cela va certainement progresser. C’est un bon début qu’en moins de trois mois il y ait déjà 15 000 patients qui ont bénéficié de cette offre mieux remboursée. Après il y a un enjeu de faire connaître l’offre et de renforcer encore la communication, avec un relais par les complémentaires santé et aussi les audioprothésistes pour qu’ils fassent connaître cette offre.
 
AI : Quels seront pour vous les indicateurs qui indiqueront que cette réforme est un succès ?
MLL : Il y a un comité de suivi de cette réforme qui se tiendra fin juin. Nous savons aujourd’hui qu’il y a seulement 1/3 des patients sont équipés en matière d’aide auditives et nous visons progressivement de permettre à 50 % des patients de s’équiper. On sait que tous les patients ne peuvent pas être équipé d’aides auditives mais la diminution du reste à charge doit nous permettre de lutter contre le renoncement aux soins et faire progresser de quasiment 15 points le taux d’équipement. Il s’agit également de faire progresser la qualité de l’offre, avec les critères minimums que nous avons définis dans la nouvelle nomenclature. Nous aurons également un indicateur de satisfaction avec des enquêtes qui seront faites auprès des patients.
 
AI : Aujourd’hui, qu’attendez-vous des audioprothésistes face à cette réforme ?
MLL : L’audioprothésiste est le professionnel de santé qui est au contact direct du patient et peut le guider lorsqu’il s’équipe. Ce que j’attends des audioprothésistes est qu’ils relayent les avancées que représente cette réforme du 100 % santé. Donc donner une information la plus transparente possible sans attendre l’obligation de devis au 1er janvier 2020.

Corinne Couté