Une étude sociologique établit le rôle déterminant du "Care" en audioprothèse

RAC Zéro

Le sociologue Pierre André Juven (Post-doctorant Cermes3/Inserm) présnetait le vendredi 23 mars l'étude réalisée sur le secteur de l'audioprothèse - ©GB.

Le congrès des audioprothésistes proposait cette année et pour la toute première fois, la présentation d’une étude sociologique traitant tout particulièrement des relations entre les malentendants et les audioprothésistes. Proposée en ouverture de la table ronde politique sur le RAC zéro, elle a été réalisée par les sociologue Pierre André Juven (Post-doctorant Cermes3/Inserm) et Frédéric Pierru (Chargé de recherche Cereps/CNRS).

 
Mardi 3 avril, dans un communiqué de presse commun, le Collège national d’audioprothèse (CNA), le Syndicat national des audioprothésistes (Unsaf), le Syndicat national des entreprises de l’audition (Synea), le Syndicat national des centres d’audition Mutualistes (Synam) et la Fédération nationale des étudiants en Audioprothèse (Fnéa) mettent en avant les enseignements principaux de cette enquête. Ils soulignent notamment le rôle déterminant du "Care", citant l’étude qui détaille qu’il « ne suffit pas d’équiper des personnes pour que le problème de l’audition soit traité et que les risques sanitaires et sociaux liés à la presbyacousie soient aussitôt résolus ». L’étude montre en réalité que « le rôle de l’audioprothésiste n’est ainsi pas seulement de vendre un appareil, mais bien d’équiper des personnes, de les suivre et d’en prendre soin ». Des auteurs qui complètent : « il nous apparaît indispensable de penser cette profession comme participant d’un travail social et médical de "Care" ».
 
Dans ce communiqué de presse co-signé, les instances représentatives précisent que « la profession continuera à œuvrer de façon constructive sur le « reste à charge zéro », mais combattra la tentation des économies de court terme, et notamment la dissociation du financement appareil auditif/services associés, attentatoire au "care", fondement de la profession d’audioprothésiste et de son efficience. »
 
Le communiqué poursuit : « Au moment où la pertinence constitue l’un des leviers d’efficience de la nouvelle Stratégie nationale de santé (SNS), l’étude documente la « co-construction de l’efficacité de l’appareillage» liée à la profession. « L’appareil auditif n’est pas autosuffisant» et l’ensemble du travail de conviction, d’éducation, l’entretien et les réglages effectués par l’audioprothésiste sont consubstantiels à son efficacité sur le patient, sa santé et son environnement social. Car « il ne suffit pas d’équiper des personnes pour que le problème de l’audition soit traité et que les risques sanitaires et sociaux liés à la presbyacousie soient aussitôt résolus».
Le maintien des excellents taux de satisfaction et observance actuels doit être un des enjeux de la mise en œuvre du « Reste à charge zéro » en audioprothèse.
 
Cette étude en établit les conditions :« Le travail de l’audioprothésiste ne se limite donc pas à la réalisation mécanique d’une mesure (...). Il suppose aussi un travail de dialogue, d’écoute permettant de replacer les résultats dans un contexte plus large». En fait, « le rôle de l’audioprothésiste n’est ainsi pas seulement de vendre un appareil, mais bien d’équiper des personnes, de les suivre et d’en prendre soin». Et les auteurs de compléter : « il nous apparaît indispensable de penser cette profession comme participant d’un travail social et médical de"care" ».
 
Le communiqué propose d’ouvrir des perspectives au regard des échéances proches : « Alors que les mesures permettant un meilleur accès à l’audioprothèse doivent être annoncées dans les prochains mois, les sociologues en détaillent les conditions d’efficience en rappelant que les audioprothésistes « travaillent aussi, en un mot, sur de l’humain. Par conséquent, une part de leur activité sera toujours irréductible à la seule rationalité marchande et/ou industrielle, avec ses implications en termes de concurrence par les coûts et de standardisation des prises en charge, sauf à menacer la qualité de ces dernières». Donc, « l’enjeu de santé publique est bien davantage d’équiper des personnes qui garderont leur appareil et pour qui il servira effectivement. Sans prise en compte de l’environnement des personnes et du caractère« politique »et social (et non pas seulement technique et marchand) de l’audition, toute tentative de régulation est vouée à revoir sa copie dans dix ou quinze ans, constatant alors que des économies auront été réalisées à court terme, mais avec des effets sanitaires (et donc, de fait, économiques) très insatisfaisants à moyen et long termes, dans le contexte, faut-il le rappeler, de vieillissement de la population. Par conséquent, nous pensons qu’il importe de préserver et de protéger cet aspect du"care" chez les audioprothésistes. »
 
En conclusion, le communiqué de presse rappelle que « La profession continuera à œuvrer de façon constructive sur le « Reste à charge zéro » pour parvenir à une offre de qualité à tarif maîtrisé inscrite dans un parcours lisible, dans le cadre d’un effort partagé par tous. Mais la profession combattra la tentation des économies de court terme, et notamment la dissociation du financement appareil auditif/services associés, attentatoire au « care », fondement de la profession d’audioprothésiste et de son efficience. »

La rédaction