Un quart des adultes Français serait atteint d’une déficience auditive

étude



En juin 2022, l’Inserm a dévoilé les résultats de la première étude épidémiologique française sur l’audition à grande échelle. Le constat est effarant, 25% des adultes de 18 à 75 ans souffriraient désormais d’une déficience auditive.

On pourrait désormais qualifier les pertes auditives d'épidémie silencieuse. L'Iserm a rendu public la première étude d'évaluation de l'audition des Français d’une telle ampleur. Cette évaluation, publiée dans la revue JAMA Network Open, s’appuie sur les audiogrammes et tout une batterie d’examens médicaux de 186 460 adultes, réalisés entre 2012 et 2019. Résultats : 25% d’entre eux souffrent d’une déficience auditive, 21% souffrent d’une déficience comprise entre 20 et 35 dB et 4% d'une surdité dépassant les 35 dB. Ces derniers devraient être considérés comme handicapés, or seulement 37% sont appareillés selon l'étude.

La situation des jeunes jugée préoccupante
Si les personnes âgées sont les principales concernées, les résultats chez les moins de 25 ans sont inquiétants puisque 3 à 4% d’entre eux sont affectés. Ce chiffre grimpe à une personne sur dix autour de 45 ans et une personne sur deux à 60 ans. L’un des co-auteurs de l’étude précise que « ces chiffres paraissent élevés… pourtant, ils sont probablement sous-estimés. D’une part, l’étude ne tient pas compte des personnes d’au-delà de 75 ans. D’autre part, la population suivie est volontaire : elle est donc plus soucieuse de sa santé. »

Un risque plus élevé chez les hommes
L’étude met aussi en évidence l’aggravation de la situation avec l’âge, plus particulièrement chez les hommes. En effet, 73% des hommes de 71 à 75 ans souffrent d’une déficience auditive, contre 64% chez les femmes dans cette même tranche d’âge. Sans tenir compte de l'age, 29% des individus masculins souffrent d’une perte d’audition invalidante, contre 18% chez les femmes.
Pour aller plus loin dans l’interprétation, les chercheurs ont ensuite tenté de définir les facteurs associés à la déficience auditive. Leurs analyses suggèrent que les personnes âgées, les hommes, les individus avec un indice de masse corporelle (IMC) élevé, la présence d’un diabète, des facteurs de risque cardiovasculaires, des antécédents de dépression ou le fait d’avoir été exposé à des nuisances sonores au travail présentaient les probabilités les plus élevées de souffrir d’une déficience auditive. À l’inverse, le fait d’avoir un revenu ou un niveau d’éducation plus élevé, de vivre seul et d’habiter en zone urbaine était associé à des probabilités plus faibles de déficience auditive.

Toujours pas assez d’appareillage
Toujours selon l’étude, 63% des personnes atteintes de déficience auditive invalidante ne sont pas appareillées. Elles seraient 43% chez les 18-25 ans et 67% chez les 71-75%.
Si ces chiffres annoncent un bel avenir pour les audioprothésistes, ils sont en revanche inquiétants pour la santé auditive de la population française.
 

Lucile Perreau