Chronique solidaire : Jean-Baptiste Bonnefoy

CHRONIQUE SOLIDAIRE


Jean-Baptiste Bonnefoy lors de la mission AuditionSolidarité à Agadir (Maroc) ©AuditionSolidarité

Jean-Baptiste Bonnefoy est audioprothésiste à Saint-Étienne, dans le département de la Loire (42) depuis 2005.

1° Comment êtes-vous devenu mécène d’AuditionSolidarité ?
La première fois que j’ai entendu parler d’AuditionSolidarité, je venais de rejoindre l’enseigne « Audio Solution ». Tous mes collègues étaient alors mécènes et j’ai réalisé que le mécénat correspondait totalement à mes valeurs et à ce que je souhaitais inculquer, à savoir : tout ne peut pas être une question de rendement et de résultat, il faut partager et donner de son temps. Mes collègues m’ont présenté les organisatrices lors d’un congrès, et cela a conforté ma décision de les rejoindre. Elles amènent une réelle dynamique et une joie de vivre, elles font partager leurs convictions, et c’est avec un certain plaisir que je suis devenu mécène !
 
2° Que vous apporte le mécénat dans votre vie de tous les jours ?
Je ne saurais pas dire ce que cela m’apporte. Je communique très peu, à part auprès de mes patients pour le recyclage des aides auditives. Je le fais vraiment pour moi, par conviction.
 
3° Quels souvenirs gardez-vous de votre action avec AuditionSolidarité?
Je suis revenu d’Agadir au Maroc il y a un mois. Nous sommes partis pour rendre une école d’enfants sourds la plus autonome possible. C’était la première fois que je participais à une mission humanitaire, alors il m’est difficile de décrire ce que j’ai ressenti. Il y avait du plaisir, et j’ai trouvé cette expérience presque trop courte ! J’ai eu l’impression d’apporter plus que ce que je n’aurais pu le faire en France, car notre profession implique toujours un aspect financier qui ne s’applique pas là-bas. Cela nous pousse aussi à reconsidérer notre façon de travailler. Il faut dire également que les enfants expriment leurs satisfactions différemment, ils n’ont pas de retenue dans leurs émotions, on voit tout de suite le bénéfice de l’appareillage sur leurs visages. À la fin de la mission, je me suis occupé d’un petit garçon, qui avait pu intégrer un établissement classique. Lorsque nous avons changé ses appareils, sa maman était avec lui. Ces aides auditives lui étaient indispensables pour la suite de son parcours scolaire, il n’avait pas d’autre solution. Cela m’a réellement marqué. Le retour en France a été assez brutal, mais j’ai remarqué que je ne travaillais plus exactement comme avant : je suis plus à l’écoute de mes patients, je leur accorde plus de temps.
 
4° AuditionSolidarité en un mot ?
Partage.
 

Propos recueillis par Kessy Huebi-Martel