Musique et surdité au programme d'Acfos

Colloque

Martial Franzoni, président d'Acfos. © BS

Depuis des décennies, les orthophonistes ont fait le constat, de façon empirique, que la musique, et notamment le rythme, apporte une aide importante dans l’amélioration des compétences phonologiques et du langage. C’est ainsi que pour leur 14e colloque, qui s’est tenu les 9 et 10 novembre à Paris, Acfos et son président Martial Franzoni, ont choisi d’aborder le thème « musique et surdité », « à la lumière des progrès réalisés par les fabricants d’implants et de prothèses, qui tous concourent à améliorer la performance de leurs appareils sur le plan musical, d’autant que nos “ados” sourds sont branchés sur leurs smartphones et écoutent de la musique plusieurs heures par jour ».

Et pour aborder ce thème, un impressionnant panel d’intervenants avait répondu présent, parmi lesquels la spécialiste internationale des liens entre musique et audition, Nina Kraus (université Northwestern, États-Unis), Barbara Tillman (CNRS Lyon), Médaille de bronze 2004 et d’argent 2016 du CNRS pour ces travaux sur la musique et le langage, ou encore Emmanuel Bigand (CNRS Dijon), Daniel Pressnitzer (ENS Lyon), etc.

Une grande partie du colloque était consacrée à l’écoute musicale chez les personnes appareillées ou implantées. Des représentants de fabricants d’implants ont pu exposer les progrès technologiques réalisés ou à venir dans ce domaine. Avant cela, Jérémy Marozeau (Technical University of Denmark, Copenhague) avait analysé pourquoi, paradoxalement, de nombreux implantés apprécient l’écoute musicale, en décortiquant chacune des caractéristiques de la musique, quand Olivier Macherey (LMA, Marseille) avait démontré l’impossibilité pour des implantés de discriminer la hauteur tonale.

Ces deux présentations, ainsi que celle d’Arnaud Coez, ont montré les limites technologiques des implants et des aides auditives, et les pistes que les industriels doivent explorer pour améliorer l’écoute musicale.

BS