Entretien avec Martin Blecker, Président de l’EUHA

EUHA 2017

Martin Blecker, le président de l’EUHA.

La 62e édition du congrès EUHA débute mercredi 18 octobre, à Nuremberg (Allemagne). Martin Blecker, le président de l’EUHA, annonce que les thématiques abordées au cours de ce prochain congrès traitent, ni plus ni moins, que de l’avenir de l’audiologie !

Quelle est la principale mission de l’EUHA ? Qui en sont les membres ? Comment est-il financé ?
Nous nous voyons comme le lien entre scientifiques, fabricants, audioprothésistes et tous ceux engagés dans la provision de systèmes auditifs pour les personnes malentendantes. Nous créons un réseau entre audioprothésistes, scientifiques, et le grand public. Nous organisons également des formations professionnelles approfondies à tous les niveaux afin d’offrir le meilleur service possible aux personnes touchées. Nos membres viennent principalement de sociétés auditives de taille moyenne, pour la plupart des entreprises familiales établies depuis longtemps, pour certaines depuis trois générations. Nos ressources financières proviennent des cotisations d’adhésion des membres, des droits d’admission de nos conférences et des différents séminaires et ateliers que nous organisons.

Le congrès allemand des audioprothésistes a toujours revendiqué son rôle en tant qu’acteur international. Comment justifiez-vous ce positionnement ambitieux ?
Les compétences et le savoir-faire nécessaires pour la bonne prise en charge des personnes souffrant de perte auditive ne peut plus se limiter au seul niveau national. Nos prédécesseurs l’avaient compris, et ont donc créé le congrès EUHA, une plateforme combinant formation professionnelle avancée et salon professionnel. Le nombre de visiteurs parle de lui-même, notamment au regard des différentes nationalités qui y sont représentées. L’année dernière, nous avons accueilli des exposants et des invités de plus de 90 pays, avec entre 30 et 40 % des participants issus de pays non-germanophones. Nos intervenants présentent des études et des résultats qui sont importants sur un plan national et international. Mais avant tout, ce congrès traite de thématiques qui permettent aux audiologistes et audioprothésistes de dépasser leur quotidien et de s’aventurer hors des sentiers battus.

En quoi ce congrès est-il intéressant pour les visiteurs internationaux ?
Grâce à l’échange d’idées et de savoir-faire, ce congrès peut insuffler une nouvelle dynamique dans leur travail, de façon générale, mais aussi en termes très concrets. Grâce aux tables rondes professionnelles, sectorielles, et politiques ainsi qu’aux ateliers, nous apprenons les uns des autres. Je préfère partager mon savoir sous forme de conférences et d’ateliers, accompagnés d’échanges personnels, même si ceux-ci se déroulent lors de conférences ou d’un salon professionnel.

L’EUHA collabore-t-elle avec d’autres organisations internationales du secteur ?
Kurt Iffland, l’un de nos fondateurs, a posé les premiers jalons pour une coopération avec des organismes de formation continue dans d’autres pays. En plus de VHÖ (Autriche) et d’Akustika (Suisse), nous avons établi de bons rapports avec l’Union Nationale des Syndicats d’Audioprothésistes Français (UNSAF), nous participons régulièrement aux congrès de l’American Academy of Audiology (AudiologyNOW !), et maintenons de bonnes relations de travail avec l’AEA et le Bureau International d’Audiophonologie (BIAP).

Êtes-vous satisfaits du nombre de visiteurs, tant nationaux qu’internationaux ?
Dès que l’on est satisfait, on cesse d’évoluer. À l’EUHA, nous préférons continuer de nous développer et d’évoluer. Nous nous réjouissons de voir que plus d’un tiers de nos visiteurs sont internationaux. Il existe une forte demande, et nous faisons toujours de notre mieux pour y répondre. Par exemple, grâce à cinq ateliers différents, nous pouvons nous adapter aux demandes des participants pour des thématiques plus pratiques. Et, bien sûr, nous sommes satisfaits du nombre de visiteurs toujours en hausse. Avec ses 8 000 délégués, l’EUHA est devenu le plus grand congrès en son genre.

On constate aujourd’hui une tendance de réduction des coûts sur le congrès de l’American Academy of Audiology. Envisagez-vous des mesures similaires pour le congrès EUHA ?
Il est évident que nous devons examiner nos coûts de façon critique. Néanmoins, nos efforts se concentrent principalement sur notre programme afin de continuer à offrir un congrès du plus haut niveau, avec des formations professionnelles ciblées, un espace d’exposition moderne, et de nombreuses opportunités pour des réunions et des échanges personnels. Il est important également de laisser un peu de place aux divertissements. Après tout, nos participants sont humains, et nous pouvons les atteindre au travers des sens, mais aussi des émotions.

De nombreux visiteurs et exposants proposent de nouvelles destinations pour le congrès, comme Berlin, Hambourg ou Munich. Cela ne permettrait-il pas d’augmenter l’attrait du congrès ?
Le choix du lieu du congrès n’est pas aussi arbitraire qu’on pourrait le croire. Il n’y a que trois lieux qui répondent aux contraintes particulières de l’EUHA et le BVHI. Hanovre et Nuremberg offrent un cadre satisfaisant pour les conférences, le salon d’exposition, ainsi qu’en termes de services et d’infrastructures. Dernier point, mais non des moindres, ils offrent également un relativement bon rapport qualité-prix.

Comme tous les ans, l’EUHA a organisé un programme de divertissements. Les participants internationaux peuvent-ils également participer à ces événements malgré la barrière de la langue ?
Nous aimons tous nous réunir et nous détendre après le travail. La soirée pour les partenaires FGH et l’événement « Congress Get-together » sont autant d’occasions de rencontrer et de retrouver d’autres professionnels. La soirée « Congress Get-together », intitulée « Listen to: Las Vegas” » [Écoutez : Las Vegas], se déroulera au Meistersingerhalle à Nuremberg le jeudi soir. Ce sera l’opportunité pour les participants de se retrouver, d’échanger, de danser et de faire la fête, le tout dans une atmosphère conviviale. La soirée promet d’être riche en événements, avec bien sûr de la bonne musique et des gourmandises culinaires. Le thème de cette année est le casino. La soirée s’annonce intéressante, que ce soit aux tables de jeux, de poker, de craps ou à la roulette, mais aussi en termes de costumes : nous avons invité les participants à venir déguisés en légendes du cinéma.

Quelles sont les principales thématiques abordées cette année ?
Ni plus ni moins que l’avenir de l’audiologie ! Les conférences du mercredi, par exemple, se concentrent sur des sujets tournés vers l’avenir, comme les appareils auditifs en vente libre et leur impact sur les soins auditifs à l’échelle mondiale, avec des tests de la parole multilingue, et avec une compréhension de la parole. L’événement « Industry Update » du jeudi sera l’occasion de présenter des rapports sur l’audition directionnelle, la connectivité et la capacité cognitive. Les conférences du vendredi se concentrent elles sur l’hyperacousie, les acouphènes et la réduction du bruit. En complément des conférences, il y aura également un certain nombre de tutoriels, par exemple, comment gérer l’analyse percentile, les implants cochléaires ainsi que la configuration et les réglages des systèmes de microphone sans fil à distance. Le congrès mettra en lumière des innovations technologiques, mais abordera également la manière dont les audioprothésistes peuvent mieux exploiter la technologie pour le bénéfice de leurs clients.

Verrons-nous des nouveautés cette année ?
Bien entendu. Cette année, les délégués pourront pour la première fois utiliser notre service de billetterie en ligne. Les délégués pourront ainsi acheter leurs billets de chez eux, réduisant ainsi les files d’attente et le temps d’attente aux guichets, leur donnant plus de temps pour profiter des conférences et du salon.
Il y aura une présentation sur les aides auditives en vente libre, appelées « Over-the-counter (OTC) ». Le Professeur Barry Freeman de Weston, Floride, offrira une conférence intitulée « Aides auditives en vente libre : l’impact sur les soins auditifs au niveau mondial ». Suivant les recommandations de groupes de travail gouvernementaux, le Congrès américain étudie un projet de loi visant à créer une nouvelle catégorie d’aides auditives en vente libre, disponibles sans ordonnance et sans les services de professionnels. Ces produits OTC seraient destinés aux adultes avec une perte auditive légère à modérée auto-identifiée. Ce modèle pourrait transformer les soins auditifs à l’échelle mondiale. Lors de l’événement « Industry update » du jeudi, nous aborderons cette problématique afin de souligner l’importance du rôle des professionnels dans les réglages. Seuls les audioprothésistes qualifiés sont en mesure de tirer pleine partie des options technologiques offertes par des systèmes auditifs pour le bénéfice des personnes souffrant de perte auditive.

Les utilisateurs de smartphone peuvent dès aujourd’hui télécharger l’Appli du congrès ! Après le Congrès, vous y retrouverez les vidéos des conférences en langue originale. Ces vidéos seront également disponibles sur le site EUHA.

La rédaction