Journée internationale de l’Audition de l’OMS : plusieurs milliards d’euros d’économie réalisables !

journeéE MONDIALE DE L'AUDITION


D'après une enquête de l'Unsaf, en 2016, le déficit auditif s'élèvait à 23,4 milliards d'euros en France.

Alors que la Journée internationale de l’audition organisée par l’OMS se tient vendredi 3 mars, le syndicat national des audioprothésistes (Unsaf) a rendu public un communiqué de presse dans lequel il fustige le manque de prise en charge des déficits auditifs.

Le mois de mars est décidément prolifique en opérations de sensibilisation à la déficience auditive ! Journée nationale de l’audition, Journée internationale de l’audition, autant de rendez-vous qui portent haut les problématiques de santé sur ce thème. Et pour cette édition 2017, la journée du 3 mars s’est concentrée sur le coût que représentait la perte auditive quand elle n’était pas prise en charge. Une enquête commandée par l’Unsaf, le syndicat national des audioprothésistes a chiffré le déficit auditif en 2016 à 23,4 milliards d’euros en France. En effet, entre 1,7 et 2,1 milliards d’euros de soins seraient économisés, si toutes les personnes susceptibles d’être appareillées l’étaient. Aussi, l’association européenne des Audioprothésistes (AEA) en se basant sur ces résultats évalue à 178 milliards d’euros par an le coût sociétal du déficit auditif en Europe, qui concernerait par ailleurs 52 millions de personnes… Pour l’organisation c’est une évidence, les coûts du traitement du déficit auditif sont extrêmement faibles par rapport à ce que revient le déficit auditif non traité ! Pour son président Mark Laureyns, la prévention serait l’une des façons de traiter en amont les déficiences auditives : « Se protéger en particulier contre le bruit fort et les sons élevés, sur le lieu de travail, mais aussi lors des loisirs, est important. Ensuite beaucoup de personnes peuvent compenser leur déficit auditif et ainsi augmenter leur qualité de vie. Aujourd’hui, il y a trop de gens qui vivent avec une déficience auditive non prise en charge ».

« Un retour sur investissement considérable »
Motivée par ce constat, l’Organisation mondiale de la Santé tire la sonnette d’alarme cette année, et exhorte les états à faire intégrer la lutte contre le déficit auditif dans leur politique de santé. L’OMS qui généralise ce fléau à l’échelle mondiale estime la non-prise en charge du déficit auditif à 750 milliards de dollars. Une somme équivalente à l’ensemble des dépenses de santé de la Chine et du Brésil !
Investir dans la prévention, et dans les audioprothèses, s’impose autant comme une nécessité que comme l’option la plus intelligente stratégiquement, pour l’instance internationale. Pour l’organisation onusienne, le « retour sur investissement (serait) considérable », tout comme « la baisse des coûts liés à la dépression et au déclin des fonctions cognitives ». Un dernier point récemment illustré par le Pr Hélène Amieva, dans ses travaux sur la célèbre cohorte PAQUID.

L’Unsaf, associé à l’OMS et l’AEA, compte bien s’appuyer sur ces résultats pour provoquer une réaction des pouvoirs publics. Le syndicat insiste dans son communiqué sur la « revalorisation du remboursement de l’audioprothèse, afin de se rapprocher du niveau de remboursement constaté dans les autres pays européens ». En 2014, le syndicat publiait déjà une enquête révélant que la France avait, pour les patients adultes, l’un des taux de remboursement public les plus faibles d’Europe. Si l’Assurance maladie remboursait en moyenne 120 euros à un malentendant français, ce chiffre grimpe à 600 euros en Italie, 660 en Belgique, 690 en Suisse et 840 euros en Allemagne…

Kessy Huebi-Martel