Semaine du Son 2017 : le programme dévoilé

ÉvÉnement

 

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Le contenu de la 14e semaine du son a été intégralement — ou presque — révélé jeudi 24 novembre en conférence de presse, à l’auditorium de France Télévisions, à Paris.

Audioprothésistes, membres de mutuelles, cinéastes, musiciens, diplomates et même directeur de chaînes… ils étaient nombreux à avoir répondu présents à l’appel Christian Hugonnet, pour le lancement officiel de la Semaine du son. Les invités se sont succédé sur la scène de l’auditorium pour donner un avant-goût, des manifestations prévues entre les 23 janvier et 5 février 2017. Tous se sont félicités de l’attention grandissante que suscitait le son, notamment auprès du grand public, de plus en plus pointilleux en matière acoustique. D’autres ont aussi voulu aborder le côté essentiel et formateur du son.
 

Frank Larue, parrain de l’événement : Le son construit notre pensée, notre mémoire, notre communication.
C’est par un constat presque philosophique que le directeur adjoint à la communication et à l’information à l’Unesco, Frank Larue, a entamé la conférence. Parrain de l’événement, il a martelé l’importance du son : « Pour nous qui travaillons sur la liberté d’expression, envisager le son comme un droit est fondamental ». Mais plus qu’un droit, le son serait un élément indissociable de notre évolution : « Nous sommes confrontés au son dès notre plus jeune âge, le son est ce qui construit notre pensée, motive notre cerveau. Nous nous construisons avec les sons qui nous entourent, mais en grandissant nous réalisons que tous ces sons sont en nous. Ils vivent dans nos rêves, dans notre voix et dans notre musique. » Frank Larue qui a enchaîné avec l’exemple d’un compositeur emblématique : « Le son transcende l’espace ! Chacun sait que Beethoven était sourd lorsqu’il a composé sa dernière symphonie. Il intériorisait les sons et pouvait reconnaître les notes et les écrire. Qu’on l’apprécie ou pas, le son est avec nous tout le temps : tout ce que nous percevons possède une essence sonore ».

Également présente, Janine Langlois Glandier, présidente du Forum Media Mobile, remarque que le grand public est de plus en plus exigeant en matière de qualité acoustique. En témoigne, les nombreux casques et enceintes sophistiqués vendus sur le marché. « On observe aussi, des gens qui n’hésitent pas à changer de quartier pour aller dans une salle de cinéma équipée du son Atmos ! ». Les salles de spectacles comme l’Olympia, l’Alhambra, ou le Théâtre du Châtelet ont également entrepris des travaux pour améliorer leur réception sonore. Une résolution qui arrive jusqu’à nos postes de télévision : depuis le 6 avril, les chaînes de la télévision numérique (TNT) sont passées d’un son MPEG2 à MPEG4. Pour Janine Langlois Glandier, c’est une évidence, l’exception culturelle française passe également par une retransmission dans les meilleures conditions possible.

Endormissement au casque : Un tiers des très jeunes enfants concernés
Cette conférence de presse en amont de l’événement est traditionnellement l’occasion de publier les résultats d’une enquête statistique relative au comportement des Français dans leur environnement sonore. C’est l’audioprothésiste et musicien Jean-Louis Horvilleur, trésorier adjoint de l’association, et grand amateur de Heavy Metal, qui a analysé l’enquête Ipsos. Sur 171 parents, 85 % d’entre eux ont déclaré que leurs enfants s’endormaient avec un casque audio ou des écouteurs. 46 % des parents constatent cette tendance en voiture, sur des petits trajets (un nombre en légère augmentation par rapport à 2015), et 45 % le remarquent sur des longs trajets, contre 51 % en 2015. 30 % des enfants âgés de 0 à 6 ans portent un casque audio jusque dans leur lit, au moment du coucher. L’enquête révèle également que le volume d’écoute à domicile est plus puissant que celui à l’extérieur.
Jean-Louis Horvilleur en a d’ailleurs profité pour annoncer le contenu de la soirée de lancement du 23 janvier prochain. La prévention auprès des musiciens sera largement abordée, avec la présence de nombreux chefs d’orchestre et responsables de conservatoires. Un sujet qu’illustre également le documentaire filmé par Olivier le Mab, « Des sens pas comme les autres », où il rencontre notamment, un musicien d’orchestre ayant perdu la majorité de ses capacités auditives.
La musique, élément indissociable du son était également au programme de la conférence. Le journaliste Antonio Fischetti, a partagé sa passion pour la bio-acoustique, lui qui capture des sons d’animaux, et de quelques éléments de la nature (comme le vent par exemple) : « Quand j’ai commencé à exercer ce métier, mon travail n’était pas pris au sérieux. Très vite, on a réalisé que cette discipline était essentielle pour étudier la nature, appréhender la biodiversité. On entend plus souvent les baleines qu’on ne les voit par exemple, il en est de même pour les oiseaux. Si l’on veut étudier la nature, le son est souvent le seul moyen de le faire ».
Une intervention ponctuée par une performance surprise de la chanteuse lyrique, Nathalie Nicaud qui a interprété a capella « L’Éléphant du jardin des Plantes » et « La souris d’Angleterre » de Manuel Rosenthal.

La 14e édition mettra aussi en lumière des thèmes comme, la prévention de la surdité, la cohabitation du son et de l’urbanisme ainsi que l’intelligibilité des programmes audiovisuels.
Lien vers le programme :  http://www.lasemaineduson.org/-14eme-semaine-du-son-2017-le-programme-par-ville-
 

Qu'est-ce que la Semaine du Son

Fondée en décembre 1998 par Christian Hugonnet, ingénieur acousticien et expert auprès des Tribunaux, l’association de Loi 1901 la Semaine du Son a pour but de sensibiliser le public, les élus et tous les acteurs de la société aux enjeux sociétaux du sonore. Depuis 2004, elle organise chaque année au mois de janvier, une campagne-événement sur des problématiques liées au son selon une approche transversale : culturelle, de santé (santé auditive), industrielle, pédagogique, environnementale et économique. Lors des éditions précédentes, la Semaine du Son s’est intéressée aux nouveaux comportements liés à l’écoute au casque (impacts sociétaux, risques pour la santé), au son et au bruit dans les lieux à « vivre ensemble » (dans les magasins, sur les lieux de travail, dans les espaces publics, etc.), à la qualité du son que l’on nous donne à entendre (le son compressé, le son 3D au cinéma, la voix au théâtre, etc.).

 

 

 

Kessy Huebi-Martel