Les 21ème assises d’ORL sous le signe du “100% santé”

 

Le nouveau mode de remboursement des aides auditives était au coeur des interventions des assises d’ORL de cette année. Qu’est-ce qui change en pratique pour les audioprothésistes ? Que dire aux patients ? Retour sur un bouleversement annoncé. Les nouveaux modes de remboursement des audioprothèses étaient au coeur des 21eme assises d’Orl qui viennent tout juste de se tenir à Nice du 31 janvier au 2 février 2019. Tous les intervenants font le même constat, cette réforme est bonne, même s’il reste quelques zones d’ombre.

Tous notent le besoin d’une réforme, en particulier suite aux attaques que la profession a connues, accusée de faire des marges trop importantes, notamment par une enquête d’UFC-Que choisir. Depuis, un rapport de la Direction Générale de la Concurrence (DGCCRF) a montré que les prix étaient justifiés, les audioprothésistes passant entre 14 heures et 19 heures avec chacun de leurs patients. “En quelques années, nous sommes passés de l’audio “bashing” à l’audio “pride” ! ” a résumé Luis Godinho, le Président du Syndicat National des Audioprothésistes (Unsaf) qui a participé aux négociations avec l'Etat. Dans le texte qui s'applique depuis le 1er janvier 2019, les remboursements de la sécurité sociale sont meilleurs. “On peut considérer que les remboursements depuis le début de l’année ont augmenté d’un tiers“ explique Stéphane Bardet, audioprothésiste dans le sud de la France. “Pour la majorité des patients, cela représente une augmentation du remboursement réel de 60 euros. Ainsi, le remboursement moyen passe de 120 à 180 euros” simplifie Stéphane Bardet. Natalie Loundon, Orl pédiatrique à l’hôpital Necker, estime que la réforme apporte peu de modification pour les enfants. Elle note malgré tout quelques bonnes avancées : “la prise en charge de l’appareillage des surdités unilatérales est désormais clairement inscrite dans le texte, alors que jusque-là, elle devait être négociée. Autre nouveauté, le texte précise la prise en charge de pathologies mieux connues aujourd’hui, comme les neuropathies, les troubles de l’audition centrale et les surdité partielle.”

Au chapitre des contraintes, outre le prix limite de 1300 euros pour les aides mieux remboursées, les dispositifs seront également désormais renouvelables uniquement tous les quatre ans, ce qui pose des problèmes pour les enfants. Ils usent et perdent leur appareil plus souvent que les adultes. “J’incite dans ce cas les familles à prendre une assurance civile” explique Natalie Loundon. Or, jusqu’à présent, en cas de perte, la sécurité sociale et les mutuelles remboursaient 500 euros et l’assurance abondait jusqu’à 1 000 euros. Au bout d’un an, il pouvait à nouveau y accéder, pour un contrat d'assurance en moyenne de 80 euros par appareil pour quatre ans. “Depuis la réforme, la garantie perte de l'assurance a doublé, on est passé de 80 à 150 euros” tempère Stéphane Bardet. Autres perdants du renouvellement tous les quatre ans, les porteurs de Lyric (aide auditive totalement invisible) qui se changent souvent. Les intervenants ont également souligné que les acouphéniques et hyperacousiques avec une perte auditive de moins de 30 dB étaient les grands oubliés de la réforme.