Starkey va sortir un OTC, sans trop y croire

OTC


Fabrice Vigneron, directeur général de Starkey France aux côtés de Brandon Sawalich, le drecteur général de Starkey. 

Brandon Sawalich, le directeur général de Starkey monde, nous a exliqué aujourd'hui lors d’une interview exclusive dans les locaux de la filiale française, que le fabricant américain était en train de mettre au point des OTC, qui sortira sous une autre marque.

Cette façon de vendre des audioprothèses, "Over-The-Counter", c'est à dire sans l'intervention de l'audioprothésiste, a été autorisés sur le marché transatlantique à partir du 17 octobre prochain. Selon Brandon Sawalich, elle n’a que peu, voir aucune chance de se développer en France, voire même très peu aux Etats-Unis.
Starkey prévoit malgré tout de commecialiser un modèle, pour offrir "cette option à ses clients". Ce modèle OTC sera commercialisé sous la marque « Start Hearing One », et coûtera 899 $.
« Personnellement, je ne crois pas aux OTC, je ne pense pas que l’OTC sera un perturbateur majeur. C’est un moyen pour certains fabricants de contourner les audiologistes. Toutes les oreilles sont différentes. Seul un spécialiste peut adapter une aide auditive aux besoins spécifiques de chaque patient, qu’il s’agisse de la taille de la pointe, des réglages, etc. Seul un spécialiste peut comprendre le patient, ses besoins et l’accompagner à long terme pour faire de l’aide auditive un succès », explique Brandon Sawalich. « Les OTC ne sont absolument pas des appareils auditifs car ils n’ont aucun service avec cela, du diagnostic à l’ajustement et au suivi. Ces appareils ne correspondent  pas avec la philosophie de Starkey, mais nous en fabriquerons, cela sera une option de plus pour nos patients. Ces produits existent depuis décennies aux Etats-Unis, l’annonce de la FDA n’a fait que de leur donner un nom, une identité. En outre, cela ne représente qu’un à trois pourcents du marché américain et on s’attend à ce qu’il évolue très lentement. » Pour le PDG de Starkey, l’apparition des OTC, et plus précisément de la publicité, risque de créer la confusion dans les esprits des personnes qui ont besoin d'une aide auditive. « Si je suis malentendant et que je vois une publicité sur Facebook qui me parle d’une « aide auditive » de plusieurs centaines de dollars que je peux acheter au supermarché, pourquoi devrais-je prendre rendez-vous avec un audiologiste et dépenser des milliers de dollars de plus ? », interroge-t ’il. « Le problème est que ce n’est pas une aide auditive, et cela va donner aux vraies aides auditives une mauvaise réputation et la satisfaction des patients (qui est de 83% aux États-Unis) va diminuer. »

 

 

Lucile Perreau