Jens Kofoed : « Le rachat d’Audika est une nécessité »

Réaction

Jens Kofoed est directeur de Prodition, filiale française de William Demant. - GB

Avec le rachat de l’enseigne française Audika par la holding William Demant, c’est une nouvelle étape dans la verticalisation du marché qui se dessine pour le secteur de l’audioprothèse en France.

Cependant, ce phénomène de verticalisation – déjà constaté avec le rachat d’Audition Santé par le groupe Sonova - peut se révéler plus complexe qu’il n’y paraît, comme nous l’explique Jens Kofoed, directeur général de Prodition, filiale française du groupe danois William Demant, et qui revient pour nous sur ce rachat.
 
« Le rachat d’Audika par William Demant est avant tout dicté par la nécessité. Avec cette opération, notre holding défend son accès au marché français. En effet, je tiens à préciser que si notre holding n’avait pas décidé de se porter acquéreur d’Audika, un autre acteur majeur du secteur l’aurait fait, ce qui aurait été dommageable pour nous et pour notre activité sur le territoire français. De ce fait, je suis très heureux que nous ayons pu défendre la relation que nous entretenons de longue date avec Audika.
Aujourd’hui, force est de constater que sur le marché, que ce soit pour les chaînes de distribution ou pour les audioprothésistes indépendants, les achats ont tendance à se resserrer sur toujours moins de marques d’aides auditives. Les audioprothésistes sont ainsi de plus en plus contraints à concentrer leurs achats sur quelques marques du fait de la pression qu’exercent les Ocam et les discounters du secteur sur les prix des aides auditives. C’est pour moi une tendance claire et nette et qui va crescendo. C’est également une forme de verticalisation du marché, et qui est tout à fait regrettable. Et ce mouvement qui est actuellement en route doit inciter les audioprothésistes à choisir le bon partenaire pour demain. Et à mes yeux, avec son très vaste portefeuille de solutions auditives et de solutions diagnostiques, William Demant est un excellent partenaire pour les audioprothésistes indépendants. »
 
« Pas d’interventionnisme dans les affaires d’Audika »
 
« La philosophie de ce rachat n’est pas de tendre vers une forme d’interventionnisme dans les affaires d’Audika. L’équipe en place est forte d’un savoir-faire irremplaçable et connaît beaucoup mieux le marché français que notre groupe. Nous ne nous mêlerons donc d’aucune manière de la manière de fonctionner d’Audika. Je veux aussi souligner ici qu’il n’est aucunement dans notre intention de contraindre le choix de l’appareillage auditif. L’intérêt du patient est et restera toujours primordial.
Aussi, je pense que sur le terrain, ce rachat ne changera rien. Nous allons continuer d’accompagner nos clients indépendants comme nous le faisions auparavant. Je pense que nous avons fait preuve de transparence lors de ce rachat et nous avons tenu informé l’ensemble de nos clients. Il ne me semble pas que cette opération soit une grande surprise. Et le marché français s’attend à cette évolution. Maintenant, s’il y a des réactions, si certains de nos clients s’interrogent, nous sommes tout à fait ouverts pour dialoguer avec eux afin de leur apporter des réponses, de les rassurer aussi.
 
Je considère que ce rachat est une très bonne chose pour le groupe William Demant. Audika a depuis toujours mis l’accent sur la communication auprès du grand public. Le succès des campagnes qu’ils ont menées a indéniablement permis de démocratiser un peu plus les aides auditives en France. Et tout le monde a bénéficié des retombées de leurs campagnes.
Pour parler plus généralement, nous sommes très heureux de l’implication de William Demant sur le marché français. Après la firme d’implants cochléaires Neurelec qui a intégré Oticon Medical, c’est aujourd’hui Audika qui rejoint le groupe William Demant. Nos collègues français sont tous très compétents et nous écrivons avec eux de belles pages de notre histoire. »
 

Propos recueillis par Guillaume Bureau