Elon Musk prétend pouvoir « guérir les acouphènes d’ici cinq ans »

acouphènes


Elon Musk présente Neuralink.

Dans un tweet, le patron de Tesla, Elon Musk, affirme que la puce cérébrale produite par son entreprise Neuralink, pourrait « guérir » les acouphènes d’ici 2027. Cependant, un article publié dans The Conversation, se demande si ce délai de cinq ans est réellement tenable.

Neuralink, une start-up de la Silicon Valley soutenue par Elon Musk, a mis au point un dispositif neuroprothétique appelé « interface cerveau-ordinateur ». Le dispositif, de la taille d'une pièce de monnaie, appelé Link, est implanté sous l'os du crâne par un robot chirurgical de précision. Ce dernier, connecte un millier de fils miniatures du Link à certains neurones. Le dispositif se connecte à un ordinateur externe par Bluetooth pour une communication continue dans les deux sens. À l'avenir, il pourrait aider les personnes souffrant de divers types de troubles neurologiques où il y a une déconnexion ou un dysfonctionnement entre le cerveau et les nerfs qui desservent le corps. Cela inclut les personnes atteintes de paraplégie, de quadriplégie, de la maladie de Parkinson et d'épilepsie. Elon Musk affirme notamment que cette puce pourrait également guérir les acouphènes, d’ici 2027. Les essais sur l'homme visant à poursuivre le développement du prototype Neuralink devraient commencer vers la fin de 2022, sous réserve de l'approbation de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis.

Cependant l’auteur de l’article, David Tuffley, maître de conférences en éthique appliquée et cybersécurité à l'école des technologies de l'information et de la communication de l'université Griffith à Brisbane/Gold Coast en Australie, s’interroge sur la véracité de cette affirmation fracassante. Selon lui, le dispositif neuroprothétique pourra être utile à l'avenir pour les personnes atteintes de troubles neurologiques tels que la maladie de Parkinson ou l'épilepsie, où il existe une déconnexion entre le cerveau et les nerfs. En revanche, il indique qu'on ne sait pas combien de temps il faudra pour que les données cliniques indiquant que le dispositif est sûr pour un usage humain obtiennent l'approbation de la FDA.
En effet, l’administration classe Neuralink dans la catégorie des dispositifs médicaux de classe III, soit la catégorie la plus risquée. Avant de commencer les essais sur l'homme, le dispositif doit passer avec succès des contrôles réglementaires rigoureux. Pour être approuvée, la société doit fournir des données exhaustives sur les essais cliniques réalisés sur des sujets non humains (notamment sur des singes) afin de justifier le passage à la phase suivante. Cependant, certains d’entre eux sont morts pendant les tests de Neuralink, et les critiques ont soulevé des inquiétudes quant au bien-être des animaux. Le processus d'approbation des essais sur l'homme pourrait prendre un certain temps. Les autorités de réglementation seront attentives aux conséquences négatives involontaires du dispositif, telles que la dépression. Ils s'intéresseront également à l'aspect pratique du retrait ou de la réparation du dispositif en cas de dysfonctionnement, ainsi qu'à la manière de gérer le risque de lésion ou d'infection cérébrale.
Une fois que la FDA aura approuvée (si elle le fait), Neuralink recrutera des volontaires humains et la prochaine série d'essais se déroulera. Personne ne sait combien de temps il faudra attendre avant que le dispositif ne soit commercialisé et combien il coûtera. Cela pourrait prendre des années, avec un prix qui le met hors de portée de tous, sauf des plus riches. Pour David Tuffley, il est donc « sage de ne pas se faire de faux espoirs quant à un implant abordable à court terme ».

Depuis sa création en 2016, Neuralink recrute des neuroscientifiques de haut niveau issus du milieu universitaire et de la communauté de recherche au sens large pour développer la technologie permettant de traiter ces pathologies.

 

Lucile Perreau