Un test génétique pour prévenir de la surdité pédiatrique

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Un premier test génétique mondial, qui pourrait prévenir de la surdité chez des centaines de bébés chaque année, a été développé par des scientifiques de l'Université de Manchester et piloté avec le NHS (système de la santé publique du Royaume-Uni).

En seulement vingt-cinq minutes, l'appareil permet de déterminer si un bébé gravement malade admis en soins intensifs, possède un gène susceptible d'entraîner une perte auditive permanente s'il est traité avec un antibiotique d'urgence courant ou non. La nouvelle technique de test par écouvillonnage remplacerait un test qui prenait traditionnellement plusieurs jours, et pourrait sauver l'audition de 180 bébés rien qu'en Angleterre chaque année. Comme le précise l’étude, les personnes admises aux soins intensifs reçoivent généralement un antibiotique appelé gentamicine dans les soixante minutes. Alors que la gentamicine est utilisée pour traiter en toute sécurité environ 100 000 bébés par an, un bébé sur 500 est porteur du gène qui peut lui faire subir une perte auditive permanente suite à la prise de ce médicament. Ce nouveau test permettrait donc d'administrer aux bébés porteurs de la variante génétique un autre antibiotique. De plus, ce test devrait permettre au NHS d'économiser cinq millions de livres chaque année en réduisant la nécessité d'autres interventions, telles que les implants cochléaires.
L'idée du test est née il y a cinq ans, et les essais ont commencé en 2020, avec d'autres adaptations et mises au point, de sorte que la machine actuelle, qui s'appelle le système Genedrive, est maintenant entièrement certifiée CE pour être utilisée dans un cadre clinique. Les résultats de l'étude ont été publiés dans JAMA Pediatrics, célèbre revue de pédiatrique, le 21 mars dernier. Soutenu par un financement de 900 000 £ du National Institute for Health Research (NIHR) et par le soutien de l'organisation caritative Royal National Institute for Deaf People, le système Genedrive, qui coûte 80 £ par bébé, a été mis au point par Genedrive, une start-up basée à l'université de Manchester. Il a été développé en étroite collaboration avec l'équipe du professeur Bill Newman au centre de recherche biomédicale de Manchester.
 

Lucile Perreau