Enquête JNA : les Français mal informés mais inquiets pour leur audition

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Le 3 mars 2022, à l’occasion de la Journée mondiale de l’audition, l'association la Journée Nationale de l’Audition qui fêtera ses 25 ans le 10 mars prochain, a présenté sa nouvelle enquête Ifop* : Bruit et santé, les décibels de la discorde. La présentation de cette dernière a notamment été marquée par un retour au présentiel, puisqu’elle s’est déroulée à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris, avec de nombreux acteurs du secteur de l’audition.

Les premiers résultats indiquent que la méconnaissance des Français quant à la surdité et les acouphènes perdure, puisqu’ils sont 55% (donc plus d’un sur deux) à déclarer être mal informés. En revanche, ces deux sujets arrivent en 5e position derrière la covid-19, la maladie d’Alzheimer, les AVC et les cancers, lorsqu’il s’agit du niveau d’inquiétude des Français par rapport à leur santé. Le pourcentage de personnes indiquant être gêné par le bruit et les nuisances sonores, a de son côté fortement augmenté (+10 points) par rapport à la dernière enquête de 2016. La crise sanitaire et les confinements ont fait « basculer la gêne du bruit » de la nuit à la journée, passant de 32% à 17% pour la nuit et de 27% à 34% pour la journée.
Concernant les répercussions de la gêne du bruit sur la santé, l’on peut observer une hausse générale des troubles :

  • +10 points pour les troubles du sommeil (46%),
  • +7 points pour les maux de tête (46%) et le stress (51%),
  • +6 points pour la fatigue, la lassitude et l’irritabilité au quotidien (54%), la nervosité et l’agressivité (49%) et la gêne auditive (46%)
  • +5 points pour la perte de concentration (56%), la perte de morale (31%), la souffrance psychologique (29%),
  • +3 points pour l’hypertension artérielle (26%).

Les moins de 35 ans sont par ailleurs encore plus impactés.

Autre point important, 87% des Français adoptent un comportement responsable en cas d’agressions sonores, comme fuir un lieu bruyant (72%), limiter le volume (66%) et le temps d’écoute (44%) ou encore, faire des pauses auditives (46%). Malheureusement, ils sont encore trop peu nombreux (77% soit presque huit Français sur dix) à ne pas parler de leur gêne auditive à un médecin. De plus, seul un Français sur cinq a effectué un bilan ORL de moins de cinq ans, et 39% indiquent qu’ils n’en ont pas l’intention. Du côté de la prise en charge en cas de problème auditif, seulement un Français sur cinq est pleinement convaincu qu’elle sera de proximité et rapide.

A l’approche des élections présidentielles et à l’instar de la Fondation pour l’audition, 76% estiment que les pouvoirs publics devraient faire de l’audition une grande cause nationale de santé publique. Ils sont également 73% à être favorable à un plan national de réduction du bruit porté par les pouvoirs publics, 72% pour des panneaux qui affichent le niveau sonore dans les espaces de vie collective, 71% pour la création de zones de calme ou de repos sonore et 59% pour des radars sonores.  

*L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1004 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans plus. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne du 21 au 26 janvier 2022. 

Lucile Perreau