Une recherche sur le fonctionnement asymétrique du cerveau dans le traitement de la musique et de la parole reçoit le grand prix scientifique de la Fondation pour l’audition

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Le professeur Robert J. Zatorre.

Cette année, le Grand Prix Scientifique de la Fondation pour l’audition a été décerné au professeur Robert J. Zatorre de l'Institut-hôpital neurologique de Montréal, pour ses recherches sur le fonctionnement asymétrique du cerveau dans le traitement de la musique et de la parole. Il a été récompensé d’un prix de 100 000 €.

Le Pr Zatorre étudie depuis une quarantaine d’années les mécanismes de la perception de la musique par notre cerveau. Dès 1992, il découvre, grâce à l’imagerie cérébrale, que le cerveau traite de manière asymétrique et complémentaire la parole et la hauteur des sons (des graves aux aigus). Ainsi, les aires auditives du cerveau gauche sont spécialisées dans la reconnaissance de la parole, tandis que celles du cerveau droit décryptent la musique. Ses récentes recherches démontrent qu’au-delà de la reconnaissance des éléments auditifs, le cerveau aurait développé deux capacités parallèles et complémentaires pour traiter les indices acoustiques les plus pertinents pour déchiffrer la parole et la musique : les aires auditives du cerveau gauche fonctionnent très rapidement pour suivre les modulations rapides du son liées à la parole. L’aire auditive droite, quant à elle, fonctionne de manière plus lente et analyse plus finement les fréquences sonores. C’est cette spécialisation qui nous rend sensibles à la mélodie.
« Mieux connaître la manière dont le cerveau traite la musique et comment elle diffère du traitement de la parole est crucial pour améliorer la perception musicale avec les implants. Ce progrès est très important car la musique est essentielle par les émotions qu’elle procure ! », a déclaré Robert J. Zatorre. A terme, ses découvertes pourront mener à concevoir des implants cochléaires de nouvelle génération, dont la transmission des modulations du son est améliorée, afin de permettre aux personnes implantées de mieux communiquer et d’apprécier de nouveau la musique.
 

Lucile Perreau