L’audition n’est pas un essentiel de santé pour les Français selon l’enquête Ifop/JNA

Enquête


Selon l'enquête, le niveau d’informations sur la surdité et les acouphènes en baisse cette année.

L’enquête Ifop/JNA présentée le 9 mars 2021 a confirmée les craintes de l’association JNA, qui, avec la crise sanitaire actuelle, redoutait un recul de la prise en compte de l’audition dans le suivi santé des Français.

« Les situations de télétravail et de formations en distanciel viennent amplifier les difficultés de compréhension de la parole. Le sens de l’audition n’est pas considéré aujourd’hui comme un essentiel de santé. De grandes avancées avaient été réalisées en ce sens et désormais, en raison de la pandémie, le suivi de l’audition est de nouveau relégué après les autres facteurs de santé. Pourtant, les oreilles sont très sollicitées au quotidien et notamment celles des moins de 35 ans », révèle les experts de la JNA. 
 
Les chiffres clés de l’enquête

  1. L’enquête met notamment en lumière, les méfaits du télétravail sur nos oreilles et plus spécifiquement celui pratiqué cinq jours par semaine sur cinq, et qui accélère le vécu de troubles auditifs :
  2. 23% des télétravailleurs à temps plein utilisent un casque ou des écouteurs minimum 2 heures par jour (vs 12% en moyenne) et 65% indiquent que cette durée d’écoute quotidienne s’est intensifiée avec la crise sanitaire (vs 39% en moyenne)
  3. Plus d’un tiers des télétravailleurs quotidiens ont déjà ressenti souvent des troubles auditifs à la suite de l’usage de ces appareils (casque, écouteurs), soit presque le triple de la moyenne
  4. Conséquence logique de cette surexposition aux nuisances sonores, 25% d’entre eux ont recherché des informations concernant leur audition au cours des 12 derniers mois (vs 14% en moyenne)

De façon rassurante, la grande majorité des télétravailleurs quotidiens (67%) réagit en ayant réalisé ou prévu de réaliser un bilan auditif chez un médecin ORL

  1. La crise sanitaire a modifié les préoccupations des Français en matière de santé, le Covid 19 s’imposant comme un enjeu prédominant tant dans le niveau d’informations (82%) que dans le taux d’inquiétude (55%) qu’il suscite.
  2. D’autres enjeux de santé, jugés moins dangereux et urgents, ont été relégués au second plan. C’est le cas de l’audition : les Français se sentent cette année à la fois moins informés (44%, -4 pts) et moins inquiets (33%, -4pts) à propos de la surdité et des acouphènes. Seuls 13% d’entre eux estiment que la crise sanitaire a renforcé leur envie de s’informer sur l’audition.
  3. L’écrasante majorité des Français (81%) est d’accord avec l’idée selon laquelle le port du masque complique la compréhension de la parole.
  4. Les répondants sont plutôt réactifs en matière de soins auditifs, même si la crise sanitaire a impacté leurs projets de consultations : 41% ont déjà réalisé un bilan auditif complet auprès d’un médecin ORL, et 12% en avaient l’intention mais ont dû reporter leur rendez-vous à cause de la crise sanitaire
  5. Les moins de 35 ans et plus particulièrement les 18 à 24 ans et les 25 à 34 ans sont particulièrement concernés par les problèmes auditifs (au même titre que les télétravailleurs) : gênes de compréhension de la parole dans différents contextes, utilisation des écouteurs, sifflements et bourdonnements etc.
  6. Il existe une grande disparité entre les catégories aisées et les catégories modestes. Plus les revenus sont élevés et plus l’audition entre dans le parcours de santé avec consultation de spécialistes.

 
Le niveau d’informations sur la surdité et les acouphènes en baisse cette année
Le niveau d’informations sur la surdité et les acouphènes conserve ainsi sa dernière place du classement des enjeux testés et recule même cette année : 44% des répondants affirment être bien informés sur le sujet. Une majorité de 56% déclare donc être mal informée. Parmi les mieux informés sur la surdité et les acouphènes figurent les seniors : avec 59% des 65 à 74 ans et 73% des 75 ans et plus, contre seulement 31% des moins de 35 ans ; les catégories aisées (65%) ainsi que les personnes ayant fait des recherches depuis un an sur l’audition (60%).
 

Lucile Perrreau