Le SDA demande une enquête ministérielle sur les formations espagnoles

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Le Syndicat des audioprothésistes se joint à l'inquiétude exprimée par la Fnea et demande au Ministère des Solidarité de la Santé et à celui de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, de mettre en œuvre des investigations et actions afin de vérifier la légalité des formations dispensées, notamment dans le cadre des formations initiales espagnoles en audioprothèse.

Rappelant l’évolution positive apportée par l’arrivée des écoles d’audioprothèse sur la plate-forme Parcoursup, permettant d'éviter les « coûteuses prépas privées aux concours des écoles d'audioprothèses », le SDA prend la parole pour dénoncer des dérives dans la formation notamment les « officines , qui sous couvert de « cours de soutien s’adressent à ceux qui n’ont pas un niveau suffisant pour intégrer les écoles françaises, et aux salariés, particulièrement ceux du secteur de l’optique ». Le syndicat rappelle que le diplôme espagnol, obtenu à travers « des modalités qui interpellent », donne ensuite la possibilité d'exercer en France. Le SDA déplore que ce diplôme soit obtenu avec des cours traduits en Français, une formation intensive de 14 mois, sans interruption de l'activité professionnelle, pour un coût pouvant atteindre 12 000 euros par an.
Il rappelle que la Fnea avait déjà dénoncé en mars 2020 « la formation au rabais » délivrée par ces sociétés et avait réitéré ses inquiétudes il y a quelques jours en dénonçant les pratiques d'importantes enseignes succursalistes d'audioprothèse.

« Si ce mouvement devait perdurer, à terme coexisteraient des audioprothésistes convenablement formés et des professionnels issus de ces “officines”, dont la qualité de formation n’a été vérifiée par aucune autorité, qu’elle soit française ou espagnole », souligne le syndicat précisant que « les patients n’ont aucun moyen de connaître la formation de ceux qui les reçoivent, la réglementation européenne conférant à ces diplômes les mêmes droits qu’à ceux obtenus en France ».

Le syndicat a commandé une consultation juridique dont les conclusions l’amène aujourd’hui, conjointement avec la Fnea, à demander officiellement aux ministères des Solidarités et de la Santé, et de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, « de mettre en œuvre dans les plus brefs délais ces investigations et actions afin de vérifier la légalité des formations dispensées et, le cas échéant, de mettre fin à ces dérives dont les premières victimes sont les patients ».

Retrouvez l'enquête complète dans le numéro 251 d'Audio infos.

 

Nathalie Bloch-Sitbon