Le SDA publie son recueil des bonnes pratiques de la profession

Ouvrage


Plusieurs parlementaires ont manifesté leur souhait de voir la profession dotée de règles de
bonnes pratiques, indique le SDA.

Le Syndicat Des Audioprothésistes (ex-Unsaf) a publié le 22 juillet 2020, son recueil des bonnes pratiques à destination de la profession. Cet ouvrage a pour vocation de permettre aux audioprothésistes de bénéficier d’un outil de référence pour améliorer leurs pratiques afin de garantir un niveau de service et de prise en charge optimaux pour le soin, le confort et la sécurité du patient.

Annoncé lors de la conférence de presse du SDA du 9 juillet dernier, le recueil des bonnes pratiques est articulé autour de cinq parties :
·      Section 1 : Devoirs généraux des audioprothésistes
·      Section 2 : Devoirs envers les patients
·      Section 3 : Devoirs entre audioprothésistes et membres des autres professions de santé
·      Section 4 : Exercice de la profession
·      Section 5 : Sanction disciplinaire
 
Il a été rédigé par le SDA avec des spécialistes de la profession d’audioprothésiste et a été finalisé avec l’expertise du Pr Didier Truchet, Professeur émérite de l’Université Panthéon-Assas. « Force est de constater que ces règles font souvent défaut à la profession d’audioprothésiste. Nous en doter, nous permet de mieux encadrer nos pratiques, exposées à des dérives inacceptables, alors que nous sommes à la veille de l’augmentation de la prise en charge obligatoire et complémentaire prévue par la réforme du "100 % santé" », déclare Luis Godinho, le Président du Syndicat des audioprothésistes.
 
La publicité et les promotions dans le viseur
 
Le recueil rappelle en premier lieu le rôle et les devoirs des audioprothésistes, qui dans leur majorité, ont demandé à disposer de règles professionnelles. Il énonce également, les responsabilités qui doivent prévaloir entre confrères et autres professionnels de santé, les règles de l’exercice de la profession et les enjeux disciplinaires sont instaurés.
L’ouvrage s’attaque aux dérives de la profession : exercice illégal, personnel non diplômé pratiquant de l’audioprothèse, nombre de locaux, et plus particulièrement aux pratiques commerciales et publicitaires pratiquées par certaines enseignes. En effet dans son communiqué de presse, le SDA déclare « qu’il est nécessaire de stopper des pratiques commerciales inadaptées à un secteur de soin et de santé globale ».
L’article 15 de la section 1 (Devoirs généraux des audioprothésistes) précise que : « sont interdits :
-       Tout acte de nature à procurer à un patient un avantage matériel injustifié ou illicite.
-       Toute ristourne en argent ou en nature faite à un patient
-       Tout versement, acceptation ou partage de sommes d’argent entre des audioprothésistes, des praticiens ou d’autres personnes, sous réserve des dispositions propres à l’exercice de la profession
-       Toute commission à quelque personne que ce soit.
-       De façon plus générale, tout compérage entre audioprothésistes et médecins, professionnels de santé, et toutes autres personnes mêmes étrangères à la santé. »
 
L’article 59 de la section 5 stipule que : « afin d’éviter toute forme d’incitation à une consommation abusive, toute promotion commerciale portant sur l’appareillage des personnes atteintes d’une déficience de l’ouïe est interdite ».
 
« Sur la consommation abusive, je ne vois pas en quoi une communication qui parle d’un appareil ou d’un accessoire utile et complètement intégré dans le prix viendrait faire surconsommer le patient. », explique Dan Bettach, le directeur Idéal Audition.« Nous sommes d’accord avec les bonnes pratiques recommandées par le SDA mais si une offre commerciale et des prix plus accessibles sont proposés, sans tomber dans la surconsommation, peut inciter un patient à s’équiper le plus tôt possible, alors il n’y a pas de mauvaises pratiques. Nous rappelons que de nombreux patients ne s’équipent pas à cause de l’image désuète des appareils auditifs ce qui est vraiment dommage, d’où la mise en avant d’accessoires pratiques et connectés à utiliser au quotidien. Une fois que le patient est équipé, il ne renouvelle pas ses appareils auditifs ni ses accessoires avant 4 ans, conformément à la loi entrée en vigueur. »

Pour consulter le recueil : files/SDA_Recueil_bonnes_pratiques_audioprothesiste-20juin2020.pdf

Lucile Perreau