Les audioprothésistes face à la crise du Covid-19

Sondage


Près de 70% des sondés indiquent être resté ouvert pour recevoir des patients dans le cadre de maintenance et de vente de consommables (pile, hygiène...).

Le Syndicat national des audioprothésistes (UNSAF) a publié les résultats d’un sondage, sur la situation des audioprothésistes français à la suite de la crise du Covid-19.

Au total, l’enquête a obtenu des réponses de près de la moitié des adhérents et de l’ordre de 15% de la profession. 70,1% des personnes ayant répondues sont audioprothésistes à leur compte et 29,4% n’ont qu’un seul centre auditif. Parmi eux, 64% sont sous enseigne nationale avec 36% en enseigne uniquement locale.
 
Les protections sanitaires
 
Au niveau des mesures sanitaires, le sondage fait ressortir la grande difficulté rencontrée pour obtenir des mesures prophylactiques pendant le confinement.
-       En effet, seuls 40,8% des sondés avaient suffisamment de gel hydroalcoolique ou solutions désinfectantes, 48,8% en avaient en commande ou insuffisamment et 5% n’en trouvaient pas.
-       26,7 % étaient en mesure d’organiser un sens de circulation et une attente sans croisement des patients.
-       Du côté des masques, seuls 29,1% avaient suffisamment de masques grand-public, 16,2% de masques chirurgicaux et 4,6% de masques FFP2.
-       33,9% avaient suffisamment de gants.
 
L’organisation des effectifs et de l’activité́
 
Concernant l’activité, 10 % des sondés n’ont pas exercé du tout et seulement 1,3% déclarent avoir continué une activité́ habituelle pendant le confinement.  
Du côté des effectifs, 5,1% sont restés au complet soit moins d’un quart des effectifs pour 84,4% des établissements.
Le chômage partiel a été appliqué aux salariés tandis que le gérant, non concerné par ce système, a maintenu le service minimum (secrétariat, fournitures et petites réparations…). Dans 60,6% des cas, seul le gérant a donc continué à travailler.
 
Les demandes des patients

Seuls 23,6 % des audioprothésistes ont trouvé́ les patients peu affectés par la situation, et
67,8% les ont trouvés patients et compréhensifs.  
Les demandes se sont essentiellement centrées sur l’entretien des appareils et la gestion des pannes :
-       15,9% ont eu 1 à 10 demandes de piles et produits / 48,7% ont eu 11 à 50 demandes / 35,4% plus de 50 demandes.
-       45,58% ont eu 1 à 10 demandes de changement de tube / 44,4% ont eu 11 à 50 demandes / 6,4% plus de 50 demandes.
-       79,8% ont eu une 1 à 50 demandes pour un appareil muet / 20,1% plus de 50 demandes.
 
 
La reprise et les compensations

Au mois de mars, le confinement a entraîné́ une réduction d’activité́ d’au moins 50% (seuil d’obtention des aides) pour 45 % des audioprothésistes ayant répondu. Au mois d’avril, le chiffre d’affaire a chuté de 75% pour 85% d’entre eux. Plus de trois quarts envisageaient une reprise complète de l’activité́ à partir du déconfinement le 11 mai.
 
Concernant les aides et les compensations, peu en ont obtenu mis à part le chômage partiel (63%). Le report d’échéances sociales/fiscales a été obtenu pour un quart des sondés et plus d’un tiers espèrent un dédommagement par une assurance perte d’exploitation.
À peine plus de la moitié des audioprothésistes (54%) sont sûrs du maintien de l’emploi sur les 12 prochains mois.
 
L’Unsaf en conclut qu’il a été très incertain d’exercer sans prendre de risques pour le personnel, comme pour le public, ce qui a amené cette très forte baisse de l’activité et du chiffre d’affaire. 66% des audioprothésistes pensent que l’anticipation du 100% santé permettrait d’augmenter l’activité́ et 82% estiment que cela permettrait de rattraper au moins partiellement le premier semestre.
 

Lucile Perreau