Près de 200 patrons d’enseignes, dont des audios, en appellent à l’Etat sur l’annulation des loyers

annulation des loyers


De nombreuses enseignes sont installées en galeries commerciales

Mettant en avant les 2,6 millions d’emplois dans plus de 400 000 points de vente et soulignant le fait que les loyers pèsent jusqu’à 20% de leur chiffre d'affaires, près de 200 patrons d’enseignes dont Didier Pascual, PDG d’Alain Afflelou, Eric Plat, Président d’Atol et Président de la FCA, Laurent Piron, Président de Entendre, Alain Cottet, Directeur général de GrandVision France, Jérémie Cymbler ou PDG de Holding OCS (Optical Service) ont rédigé une tribune dans les Echos afin que les bailleurs renoncent à leurs loyers, durant la période de fermeture liée à la crise.

« Alors que chacun prend sa part, les représentants des bailleurs, au premier rang desquels le Conseil National des Centres Commerciaux, demandent aux commerçants de payer leurs loyers, alors même que nos magasins sont contraints de rester fermés. Cette position témoigne d’une absence totale de compréhension de l'ampleur de la crise ». Précisant que les loyers représentent pour chacun d’entre eux le premier ou le deuxième poste de coût le plus important, en hausse constante, les signataires s'interrogent :  « Comment, dans ces circonstances, nos commerces pourraient-ils payer leurs loyers alors qu’ils n’ont pas le droit d’ouvrir leurs portes et qu’ils ne réalisent aucune activité ? Comment payer un loyer à taux plein dans les prochains mois alors que nous savons que l’activité sera réduite pour longtemps ?»
Estimant constater une absence de volonté d’engager un véritable dialogue, les signataires de la tribune interpellent le Gouvernement afin qu'il mette « en urgence tout en œuvre pour permettre aux commerçants de traverser la crise et de relancer l’activité dans les prochains mois ».
« Pour sauver un maximum d’emplois et de points de vente, nous demandons l’annulation des loyers durant la période de fermeture et leur indexation sur la réalité de notre activité après la reprise », demande le texte, espérant que cette crise sanitaire ne sonne pas le glas pour des dizaines de milliers de commerces. « Depuis deux ans, nous avons dû faire face à une succession de blocages et de manifestations qui ont fortement dégradé la santé financière de nos entreprises. À chaque crise, nous nous sommes relevés, non sans douleur, mais grâce à l’engagement de nos collaborateurs, la fidélité de nos clients, et la solidarité de nos partenaires et fournisseurs. Malgré les pertes d’activité, nous avons toujours payé nos loyers sans que la plupart des bailleurs ne fassent un geste. La crise du Covid-19 ne doit pas être la crise de trop ! », ajoutent les dirigeants.
Selon eux, si la question des loyers n’est pas traitée, ce sont plus de 15% des effectifs de leurs entreprises, soit au moins 400.000 emplois directs et plus de 50.000 magasins, qui sont menacés.
En parallèle, une quinzaine de fédérations du commerce, dont le Rassemblement des Opticiens de France, ont envoyé une lettre ouverte au gouvernement pour soutenir la démarche et demander l’annulation des loyers.

 

Nathalie Bloch-Sitbon