Livraison de masques : les professionnels de santé libéraux, dont les audioprothésistes, se disent à bout de patience

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Les médecins et infirmiers libéraux peinent encore à trouver des protections pour 

Dans un communiqué commun, les syndicats de divers professionnels de santé libéraux se disent « à bout de patience […] concernant la livraison des masques » et appellent l’État à une gestion plus efficace de ces protections.

Selon le CNPS (Centre National des Professions Libérales de Santé) et le FFPS (Fédération Française des Praticiens de Santé), deux organisations intersyndicales de professionnels de santé libéraux, les promesses de livraison des masques issus du stock de l’État ne sont pas tenues. Le Ministre de la Santé, Olivier Véran, avait en effet promis l’arrivée de 8 millions de masques lors d’une conférence de presse le 28 mars, pour le milieu de semaine dernière, aux alentours du 1er avril. Or, les organisations annoncenr qu'ils « sont arrivés de façon très hétérogènes » et que de nombreuses officines n’avaient toujours pas été livrées le vendredi 3 avril.
 
Les deux organisations dénoncent d’une part la mise en danger de la santé des praticiens en première ligne face aux malades du Covid 19, que sont les médecins libéraux et infirmières qui exercent en ville, et d’autre part, le risque de ne pas pouvoir effectuer le suivi des patients et les difficultés économiques pour les autres professionnels qui ne peuvent pas reprendre une activité normale sans protections.
« Nous espérons avoir les protections nécessaires pour la sortie de confinement, mais rien n’est sûr » explique Luis Godinho, président de l’Unsaf (Syndicat national des audioprothésistes) qui explique n’avoir aucune date à avancer pour une éventuelle livraison de masques pour sa profession. Les audioprothésistes, dont la patientèle est âgée, ont demandé à être équipés de masques, de lunettes et de gel hydroalcoolique.
Les professionnels en première ligne des malades du Covid 19 réclament en plus des surblouses, charlottes et surchaussures.
 
Le CNPS et le FFPS, qui regroupent des médecins libéraux, dentistes, chirurgiens-dentistes, podologues, biologistes, pharmaciens, ambulanciers, opticiens, orthoptistes, infirmiers, masseur-kinésithérapeutes, orthophonistes, sages-femmes et audioprothésistes, demandent à ce que la chaine logistique employée pour faire parvenir les protections aux pharmacies soit celle du médicament, afin de garantir un acheminement tracé et de permettre aux professionnels d’aller s’approvisionner plus simplement.
 
Les intersyndicales réclament également que les zones les plus touchées soient servies en priorité, ce qui n’est pas le cas selon elles, et que tous les professionnels soient équipés pour permettre la continuité des soins en ville.

Corinne Couté