La bibliothèque de la rue Chaptal à Paris baptisée Louise Walser Gaillard, militante sourde et poétesse de la Belle époque

PERSONNALITE HISTORIQUE


La Bibliothèque Louise Walser Gaillard

La Ville de Paris a rebaptisé, depuis samedi 25 janvier, la bibliothèque située rue Chaptal du nom de « Louise Walser Gaillard », en l’honneur de cette figure emblématique de la langue des signes et de l’histoire sourde. Il s’agit de la première dénomination en France d’un établissement public dédiée à une personnalité sourde.

Militante sourde, poétesse de la Belle époque, Louise Walser Gaillard est plus connue sous le surnom de « Jeanne d’Arc des sourds-muets » pour sa défense de l’enseignement de la langue des signes.
Née en 1879 à Paris, elle perd l’audition à l’âge de 8 ans alors qu’elle dispose déjà d’une bonne connaissance du français écrit et oral. En 1892, elle part étudier à l’institution nationale des sourdes-muettes à Bordeaux. Alors, l’enseignement y est uniquement oral afin que les élèves se concentrent sur l’articulation. L’enseignement en langue des signes n’est plus accepté depuis 1879 mais Louise Walser Gaillard le découvre clandestinement grâce à ses camarades et s’emploie à le déployer pour faciliter la compréhension des élèves. Durant toute sa vie, elle œuvrera pour accorder une place plus grande aux femmes sourdes dans la société et soutiendra la littérature féminine sourde. Au cours de sa carrière, Louise Walser Gaillard s’est illustrée par des poèmes en français ou en langue des signes, diffusés dans diverses revues de la communauté sourde et à travers des interventions publiques.

La bibliothèque de la rue Chaptal fait partie des 5 pôles sourds du réseau parisien. Familiale à dominante jeunesse, elle propose un accueil en Langue des Signes Française, des œuvres et revues sur le monde des sourds et au sein de sa programmation, des activités culturelles, spectacles et animations autour de la culture sourde, notamment des heures du conte bilingues LSF/Français oral chaque mois. Elle est située à proximité de l’International Visual Théâtre ce qui permet des collaborations entre les deux établissements voisins.

 

Nathalie Bloch-Sitbon