59% des actifs en France déclarent être gênés par le bruit au travail, selon l'enquête IFOP-JNA

ENQUETE


La Semaine de la Santé Auditive au Travai débute ce lundi 14 octobre

A l'occasion de la 4ème édition de la campagne Semaine de la Santé Auditive au Travail, qui se déroulera du 14 au 18 octobre, l'association JNA et l'IFOP ont dévoilé les résultats d'une enquête baptisée « Bruit, santé auditive et qualité de vie au travail, l'équilibre santé en péril ».

Près de six salariés sur 10 (59%) déclarent être gênés par le bruit et les nuisances sonores au travail, soit sept points de plus qu'en 2017. L'enquête note ce ressenti n'est pas réservé aux personnes les plus âgés ou aux métiers les plus exposés : 57% des moins de 35 ans et 56% des cadres font le même constat.

67% des actifs affirment que les nuisances sonores ressenties au travail provoquent des conséquences négatives sur leur santé: 54% estiment que le bruit entraîne fatigue, lassitude ou irritabilité (+4 points par rapport à 2018). Ce pourcentage monte à 57% pour les moins de 35 ans.
Le bruit génère du stress pour 46% des salariés interrogés et une gêne auditive pour 34%. 67% des actifs affirment que les nuisances sonores ressenties au travail provoquent des conséquences négatives sur leur santé au quotidien : 32% ressentent des troubles du sommeil, 25% des sifflements ou des acouphènes, 25% une souffrance psychologique et 19% évoquent des symptômes de surdité.

Les bruits provenant de l'extérieur des locaux ainsi que les matériels utilisés (imprimantes, ordinateurs...) sont cités en premier parmi les principales sources de bruit, respectivement par 20% des répondants suivies des conversations téléphoniques (13%) ou entre collègues (13%).

Les actifs interrogés pensent que les conséquences du bruit impactent également l'entreprise : 40% jugent le bruit responsable d'une perte de productivité, 36% d'incompréhensions avec les managers, 32% d'agressivité dans les échanges, 31% de tensions ou conflits au sein des équipes et 28% de comportement exprimant un repli sur soi. 14% des personnes interrogées affirment que le bruit est à l'origine d'arrêts de travail dans les derniers mois, 9% de changements d'équipe et 7% de démissions. L'enquête pointe également que seuls 39% affirment qu'au moins une solution pour lutter contre le bruit est mise en place dans leur entreprise. Les tests de l'audition restent rares, même en cas de gêne auditive : seuls 37% ont réalisé un test auprès d'au moins un médecin.

L'association JNA (Journée nationale de l’audition) qui a pour objectif la prévention et la diffusion d'informations dans le domaine de l'audition, profitera également de la Semaine de la Santé Auditive au Travail pour publier son manifeste en faveur d'une meilleure santé auditive au travail, en respect des besoins physiologique naturels. L'association y dénonce une sous-estimation du bruit dans la réglementation du travail et une insuffisance du repérage. Elle presse le gouvernement d’agir et d'intégrer l'audition parmi les déterminants incontournables de santé inscrits systématiquement dans le parcours de santé des Français avec la mise en place d'une vigilance sanitaire au travers d'une politique de santé publique volontariste.

L'enquête JNA-IFOP a été menée en ligne auprès de 1.013 personnes représentatives de la population française occupée de plus de 18 ans, à travers un questionnaire auto-administré en ligne du 17 au 18 septembre 2019.

 

Nathalie Bloch-Sitbon