L’Ecosse en manque d’enseignants pour enfants sourds

éTUDE


Credit : vgajic / iStock

Un rapport concernant la dotation en personnel éducatif pour les enfants sourds réalisé en 2018, alerte le gouvernement écossais sur le faible nombre d’enseignants disponibles pour les 3 300 enfants sourds écossais durant les prochaines années.

Le Consortium pour la Recherche des Sourds (CRIDE) a réalisé en 2018 sa huitième étude sur la dotation en personnel éducatif et les prestations de services pour les enfants sourds. Le rapport est publié sur le site de la National Deaf Children’s Society (NDCS), une association assurant un soutien aux enfants sourds, de leur naissance jusqu’à la fin de leurs études. Pour cette étude, un sondage affichant 100% de taux de réponse a été organisé autour de 30 services couvrant 32 domaines d’autorités locales.  
 
Le constat est alarmant pour la NDCS qui demande au « gouvernement écossais de se réveiller de façon massive ». L’Ecosse, qui compte seulement trois écoles spécialisées pour plus de 3 300 enfants sourds a vu près d’un tiers des postes d’enseignants spécialisés pour enfants sourds supprimés ces huit dernières années, passant de 218 à 154 actuellement. 30% des enseignants restants ne sont pas qualifiés pour assurer un soutient aux enfants sourds ainsi qu’à leur famille. La retraite de près de la moitié des enseignants spécialisés est attendue d’ici 10 à 15 ans. 
 
Face à cette potentielle pénurie, la NDCS tente de convaincre le gouvernement écossais d’investir dans la profession. « C’est totalement honteux et nous avons besoin d'un investissement urgent dans le personnel de première ligne du gouvernement écossais et des conseils de tout le pays pour résoudre cette crise et venir en aide à toute une génération d'enfants sourds. », a déclaré Alasdair O’hara, qui mène campagne pour la NDCS, « Le gouvernement écossais a récemment débloqué 15 millions £ supplémentaires pour recruter de nouveaux assistants d'enseignement pour aider les enfants ayant des besoins d'apprentissage supplémentaires. S'ils peuvent le faire, ils doivent alors investir une fraction de cette somme dans la reconstruction du soutien à l'éducation sur lequel comptent nos enfants sourds ».

Antoine ERICHER