Des scanners 3D utilisés contre la microtie

scanner 3d


crédit: ARTEC 3D

En Ecosse, les scanners ARTEC 3D interviennent dans le processus de réparation de la microtie,  malformation de l'oreille chez l'enfant. Cette nouvelle méthode pourrait à terme apporter des avancées sur la chirurgie reconstructive.

Terme médical issu du latin signifiant " petitesse anormale de l'oreille", la microtie est une malformation congénitale de l'oreille. Visible dès l'enfance, la microtie est souvent accompagnée d'un handicap auditif. Parfois, cette malformation rend le pavillon de l'oreille si petit qu'il paraît complètement absent. Certains facteurs tels que le diabète maternel, une naissance prématurée ou une exposition prénatale à l'alcool peuvent jouer un rôle dans le développement de cette malformation.

 

En Ecosse, la microtie touche un bébé toute les six milles naissance et chaque année, une dizaine de jeunes patients sont traitées à ce sujet. L'Hôpital Royal pour enfant malades d'Edinbourg qui accueille chaque année plus de 34 000 patients s'est doté depuis peu d'un scanner ARTEC 3D Spider dans le but d'intervenir comme substitue à la reconstruction par cartilage costal autologue. À l'origine, cette méthode développée dans les années cinquante puis affinée jusque dans les années quatre vingt dix vise à empreinter le cartilage des côtes du patient pour les modeler à la forme de son oreille. Après une série de tests concluants quant aux capacités de l'imagerie haute résolution dans le domaine de la réparation de malformation, l'impression d'échantillons sur une imprimante 3D a pu débuter au sein de l'hôpital écossais.

 

Comment fonctionne le scanner ?

 

Ce scanner 3D haute résolution a pour avantage de s'adapter à la capture d'images complexes situées à l'intérieur du canal de l'oreille la structure de l'oreille externe, le canal auriculaire, ou encore la zone entre l'oreille et la tête. Les images sont ensuite téléchargées sur le logiciel Artec Studio où elles sont alignées puis fusionnées pour construire le modèle numérique 3D de l'oreille. Ce modèle est ensuite corrigé à l'aide du logiciel Leios qui vérifie la surface de l'oreille, supprime les éléments inutiles et défini l'épaisseur de la peau.

 

C'est à compter de cet instant que les fichiers sont prêts à être transmis à l'hôpital qui n'a plus qu'à lancer l'impression. Cette dernière dure environ trois heures. Le personnel médical doit ensuite terminer de préparer la prothèses 3D en la nettoyant dans de l'isopropanol. Après l'avoir laissé quelques minutes sous une lampe à UV qui aura solidifié la prothèse, puis l'étape de stérilisation, la prothèse est fin prête pour le bloc opératoire et la reconstruction de l'oreille.

 

Une évolution pour la chirurgie reconstructive ?

 

En parallèle de l'utilisation de scanners 3D, l'équipe soignante de l'Hôpital Royal d'Edimbourg travaille avec le centre pour la médecine régénératrice de l'Université d'Edimbourg où le professeur Bruno Peault et le Docteur Chris West sont parvenu à isoler des cellules souches humaines à partir de gras. Dr Chris West à identifié plusieurs polymères sur lesquels les cellules souches se sont attachés. Dès lors, les cellules produisent du cartilage sur la surface du polymère. Désormais, il est question de savoir s'il est possible de combiner la technologie de scan 3D avec la technologie d'ingénierie des tissus et de liposuccion. Cela permettrait de produire de réelles images de l'oreille opposée du patient sans avoir besoin du cartilage des côtes