Christine Petit, lauréate du Brain Prize 2012

Distinction

Audio infos
Audiology infos

Christine Petit vient de se voir décerner le Brain Prize 2012, un prix international récompensant des recherches sur le cerveau attribué par la Grete Lundbeck European Brain Research Foundation. La neuroscientifique française partage cette récompense, d'un montant d'un million d'euros, avec la Britannique Karen Steel, professeur au Wellcome Trust Sanger Institute de Hinxton (Royaume-Uni). Le prix, créé l'an dernier, leur sera remis le 9 mai prochain à Copenhague (Danemark), par la reine Marguerite II.

La fondation européenne félicite ce duo de femmes scientifiques "pour l’excellence de leurs travaux ayant contribué, au niveau mondial, à l’amélioration des connaissances sur la régulation génétique du développement de l’oreille et à la découverte des mécanismes moléculaires de son fonctionnement. Leurs recherches ont permis d’élucider les causes d’un grand nombre de formes de surdité."

Professeur au Collège de France, où elle occupe la Chaire de génétique et physiologie cellulaire, Christine Petit dirige l'unité de recherche de génétique et physiologie de l'audition (UMR S 587, Institut Pasteur/Inserm). Cette spécialiste de la génétique humaine, élue membre de l'Académie des Sciences en 2002, s'intéresse depuis près de vingt ans aux origines héréditaires de la surdité : elle a notamment identifié les deux premiers gènes responsables de la surdité congénitale. Les études menées au sein de son équipe ont également permis d'élucider les mutations génétiques en cause dans le syndrome de Usher, une pathologie touchant une personne sur 10 000 à 50 000, qui associe surdité, vertiges et baisse de la vision dès l'enfance. Tous ces résultats ont entraîné l'essor du conseil génétique dans les cas de surdités congénitales.

Sa co-lauréate, Karen Steel, s'est illustrée par ses travaux génétiques menés sur la souris. Explorant la physiologie des cellules ciliées, elle a notamment identifié le gène Tmc1, dont l'homologue humain subi des mutations dans de nombreuses formes de surdités héréditaires.

Pour le professeur Colin Blakemore, de l'université d'Oxford, président du comité de sélection, "le travail de ces deux chercheuses européennes montre la valeur des approches interdisciplinaires en neurosciences, et l'importance de la recherche fondamentale de pointe pour comprendre des problèmes cliniques complexes", la recherche translationnelle jouant un rôle clé dans l'utilisation de ces travaux génétiques en faveur des patients.

 

En savoir plus : Aziz El-Amraoui et Christine Petit, Vers une thérapie génique et cellulaire dans l'oreille interne, Audiology infos, n° 20, septembre-octobre 2010

 

Crédit photo : Fred Christophorides © Inserm

G.F.