De l'influence des phases des filtres auditifs sur la représentation neurale

Cortex auditif

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Les sons complexes constitués de composantes harmoniques dont les phases sont ajustées via une variante d'une méthode proposée par Schroeder, peuvent produire des seuils masqués pour un son pur qui diffèrent de plus de 20 dB. Ce phénomène a été expliqué qualitativement par les caractéristiques de phase des filtres auditifs sur la membrane basilaire, qui affectent différemment les enveloppes plates des masqueurs construits avec des phases de Schroeder. Les auteurs de cette étude ont examiné l'influence des caractéristiques de phases des filtres auditifs sur la représentation neurale dans le cortex auditif en s'intéressant aux champs auditifs corticaux évoqués. Ils ont alors trouvé que la composante P1m présentait de plus grandes amplitudes quand un son pur de longue durée était présenté avec un masqueur répété linéairement vers le bas (Schroeder positif, ou m+) qu’avec un masqueur répété linéairement vers le haut (Schroeder négatif, ou m-).

Les chercheurs ont également examiné la représentation neurale de bouffées tonales de courte durée présentées à différentes positions temporelles au sein d’une période de trois masqueurs différant en ce qui concerne les phases de leurs composants (m+, m-, et phase sinusoïdale m0). L'amplitude P1m variait selon la position dans le temps de la bouffée tonale au sein du masqueur et dépendait fortement de la forme d'onde du masqueur. Dans tous les cas, les résultats neuromagnétiques étaient en accord avec les données perceptives obtenues avec les mêmes stimuli et avec les résultats de simulations d'activité neurale résultant d'un prétraitement cochléaire. Ces conclusions démontrent que les effets de phase dans le traitement auditif périphérique sont reflétés précisément au niveau du cortex auditif.

Contact: Centre for Applied Hearing Research, Department of Electrical Engineering, Technical University of Denmark, Lyngby, Denmark

I.L.-D.